Tirage à part
du bulletin de la société entomologique suisse.

Fourmis récoltées à Madagascar.

Par le Dr. Conrad Keller et décrites par Aug. Forel.

Je crois devoir décrire dans notre bulletin suisse la plu-
part des espèces nouvelles récoltées à Madagascar par notre
compatriote le Dr. Keller. Voici la liste complète des fourmis
qu'il a rapportées :

1 Camponotus robustus Roger [[worker]] , 2 Kelleri Forel [[worker]],
3 Grandidieri Forel [[worker]] , 4 rubripes Drury race maculatus F. [[worker]]
et 5 race ? [[worker]] , 6 Prenolepis nodifera Mayr, race bourbonensis
Forel [[worker]] [[queen]] [[male]], 7 longicornis Latr. [[worker]] [[queen]], 8 vividula Nyl [[worker]] ,
9 Tapinoma melanocephalum F. [[worker]] , 10 albipes Sm. [[worker]] , 11 Odon-
tomachus haematodes L [[worker]] ., 12 Anochetus africanus Mayr, var.
madagascarensis n. var. [[worker]] , 13 Leptogenys maxillosa Sm. [[worker]] ,
14 Bothroponera Wasmannii n. sp. [[worker]], 15 Aphaenogaster Swam-
merdami Forel [[worker]], 16 Tetramorium Blochmannii n. sp. [[worker]], 17 gui-
neense F. [[worker]], 18 T. (Xiphomyrmex) Kelleri n. sp. [[worker]], 18 Pheidole
megacephala F. [[queen]] [[worker]] [[soldier]], 19 Sima Sahlbergii n. sp. [[worker]], 20 Crema-
stogaster tricolor Gerst. [[worker]] [[queen]], 21 Hova n. sp. [[worker]], 22 Ranavalonis
n. sp. [[worker]] et enfin un Cremastogaster n. sp. qui m'avait déjà été
envoyé par M. André et sera décrit par lui.

Les n°s 6 et 18 ont été récoltés à St. Denis (île Bourbon
ou de la Réunion), les nos 3, 4, 7, 8, 12 et 14 à l'île de Nossi-bé
près de Madagascar, le n° 20 à Vohémar (Madagascar). Tout
le reste (et en outre encore les espèces n° 12, 18 et 20) a été
récolté dans le bois de l'Ivondro aux environs de Tamatavé
(Madagascar).

Genre Anochetus Mayr Eur. Form 1861

= G. Stenomyrmex Mayr Myrm. Stud. 1862.
Les caractères que Mayr (Novara Reise p. 11) donne
pour distinguer son genre Stenomyrmex du genre Anochetus
se réduisent à une faible impression oblongue sur le vertex et
à une impression oblique sur les côtés de la tête qui se trouvent
chez le premier et font défaut au second. Dès lors plusieurs
espèces d' Anochetus ont été décrites par Mayr et Emery.
L'examen de plusieurs types de ces espèces (rectangularis
et Graeffei Mayr, Sedilloti, et Mayri Emery) ainsi que d'un
Anochetus reçu en nombre de Nossi bé près Madagascar par
M. le Dr. Keller me démontre que ces caractères qui paraissaient
distinctits ne le sont pas, qu'ils varient insensiblement d'une
espèce à' l'autre. M. Mayr auquel j'ai envoyé mon Anochetus


2

de Nossi-bé le trouve presque identique à son Stenomyrmex
africanus. Malgré certains Stenomyrmex aberrants, tels que le
S. emarginatus, je me crois donc en droit de fondre les deux
genres.

A. africanus Mayr

= Stenomyrmex africanus Mayr.

Yar. madagascarensis n. var. [[worker]] L. 6 à 6,5 mill. Entière-
ment d'un rouge jaunâtre, ou bien rougeâtre avec l'abdomen
et le thorax en partie brunâtres. Le bord interne des mandi-
bules est absolument linéaire, sans trace de dentelures. Il se
termine avant l'extrémité par un coin très marqué, coupé à
angle droit, encore plus marqué que chez l'A. Sedilloti Emery.
Pronotum lisse et luisant, parfois avec quelques rides. Meso-
notum ridé transversalement. Metanotum finement réticulé et
assez mat. Ecaille mutique, faiblement échancrée au sommet.
Du reste comme la forme typique.

Nossi-bé et environs de Tamatavé (Dr. Conrad Keller).

Cette espèce à la faculté de sauter (Dr. Keller), faculté
qui paraît donc être propre à tous les Odontomachides.

Bothroponera Wasmannii n. sp.

[[worker]] L. 8 à 8,8 mill. Epistome court, sans carène, presque
tronqué antérieurement, à bord antérieur presque rectiligne
(nullement acuminé ou avancé au milieu). Arêtes frontales et
tout le reste comme chez les autres espèces du genre. Mandi-
bules densément et finement striées, éparsément ponctuées,
munies de 7 dents irrégulières, peu distinctes. Scapes épais,
rétrécis à leur base; funicules épais; leur premier article un
peu plus long que chacun des deux suivants. Face déclive
du metanotum obliquement tronquée. Ecaille aussi épaisse que
large, plus large derrière que devant, tronquée verticalement
derrière, arrondie devant et dessus, sans apparence d'échancrure.
Abdomen moins fortement échancré derrière le premier segment
que chez les autres espèces; son premier segment est faiblement
tronqué devant, arrondi dessus et sur les côtés.

Sculpture densément et assez finement ridée-réticulée
dans le sens longitudinal; elle est presque uniquement ridée
sur les côtés du thorax, et devient au contraire réticulée ponc-
tuée sur les scapes et les pattes, et de plus en plus éparsément
ponctuée du devant à l'arrière de l'abdomen. Le fond de cette
sculpture est en outre microscopiquement raboteux sur la tête
et le thorax, ce qui les rend mats. Enfin une très grossière
ponctuation éparse, un peu effacée sur la tête, le thorax et le


3

derrière de l'abdomen, plus profonde sur l'écaille et le premier
segment de l'abdomen, est superposée à tout le reste.

Pilosité dressée, brunâtre, très courte et éparse partout,
presque nulle sur les tibias et sur les scapes. Une pubescence
entièrement couchée, d'un gris-roussâtre, est assez abondamment
répandue partout (aussi sur les pattes et les antennes). Elle
forme un léger duvet, sans cacher la sculpture. Face déclive
du metanotum luisante, presque lisse, glabre.

Noire avec les antennes, le lobe antérieur des arêtes fron-
tales, la moitié périférique des mandibules, les pattes et l'extré-
mité des segments abdominaux d'un rouge brunâtre.

Nossi-bé près Madagascar (Dr. C. Keller).

Cette espèce est rapprochée de la B. granosa Roger par
sa pubescence et divers autres caractères, mais s'en distingue
par ses mandibules striées, son écaille non échancrée etc. La
forme de son épistome la distingue nettement de toutes les
autres espèces du genre, aussi de la JB. granosa. Ce caractère
oblige à enlever les mots „clypeus carinatus, margine antico angu-
lato-curvato" de la caractéristique du genre Bothroponera auquel
notre espèce se rapporte sans nul doute à tous les autres égards.

Genre Tetramorium Mayr.
T. Blochmannii n. sp.

[[worker]]. L. 3,5 à 3,6 mill. Extrêmement rapproché du T. quadri-
spinosum Emery et probablement aussi du T. sericeiventre Emery. Il
se distingue du T quadrispinosum par les caractères suivants : la
tête, excavée derrière, est plus rectangulaire (plus anguleuse), un
peu élargie devant, à côtés presque droits. Le metanotum est armé
de quatre épines un peu plus longues; les inférieures presque aussi
longues que les supérieures. La sculpture est entièrement différente.
La tête, le thorax et le pédicule sont très grossièrement réti-
culés et ridés en long; le derrière de la tête, le metanotum et le
pédicule seulement réticulés; le front seulement strié ; entre les
épines, le metanotum est cependant lisse en bas et faiblement ridé
en travers en haut où il a un canal longitudinal. Outre cette sculp-
ture, les mêmes parties ont une sculpture superposée finement et
densément réticulée qui les rend mates. L'abdomen, surtout devant,
est finement et densément réticulé, ce qui lui donne un éclat
soyeux (strié chez le C. sericeiventre). La grosse sculpture,
surtout celle du thorax, est presque aussi grossière que celle
du T. guineense, mais ce dernier n'a pas la fine sculpture
superposée. Enfin l'occiput est bordé postérieurement d'une
arête vive qui contourne et dépasse de chaque côté les angles
postérieurs de la tête. Chez le T. quadrispinosum cette arête


est moins distincte et surtout moins visible aux angles posté-
rieurs latéraux. D'un rouge brun, avec les pattes et les an-
tennes à peine plus claires et l'abdomen d'un brun marron en
partie noirâtre. Du reste comme le T. quadrispinosum. Il se
distigne du T. sericeiventre (d'après la description de ce dernier)
par sa taille plus grande, sa sculpture plus grossière, son ab-
domen nullement strié, le premier noeud de son pédicule pres-
que deux fois aussi long que large, (presque aussi large que
long chez le sericeiventre), par les épines inférieures bien plus
longues du metanotum, et surtout par ses arêtes frontales qui ne
dépassent pas en arrière la hauteur des yeux (elles ne forment
pas trace de rainure pour les scapes). Yeux situés plutôt un
peu en avant du milieu des côtés de la tête. Les soies éparses
sur le corps sont raides, hérissées et obtuses comme chez les
Leptothorax.

Bois de l'Ivondro, près de Tamatave, Madagascar (Dr.
C. Seller).

Sous-genre Xiphomyrmex n. subgen.

Diffère seulement du genre Tetramorium proprement dit
par ses antennes de 11 articles. Le metanotum est en général
plus rétréci, armé, sauf chez le X. Smithi, de deux longues
épines étroites, divergentes, dirigées en arrière et en liant.
Chez le genre Tetramorium proprement dit, les épines sont
plus courtes et plus verticales ; de plus les angles inférieurs de
la face déclive du metanotum sont ordinairement transformés
en dents ou en épines, ce qui n'est pas le cas chez les
Xiphomyrmex.

A ce sous-genre doivent se rapporter les espèces tortuosum
Roger, sigmoideum Mayr, Smithi Mayr, Kelleri n. sp. et peut-
être l´ Ochetomyrmex (?) auropunctatus Roger. Mon ami le Dr.
Mayr m'écrit que cette dernière espèce ne peut être rapportée
à son genre Ochetomyrmex, à cause de la forme de l'épistome.
Cependant à tous les autres égards elle en est bien rapprochée
et me paraît tout au moins former un passage du sous genre
Xiphomyrmex au genre Ochetomyrmex.

X. Kelleri n. sp.

[[worker]] . L. 4,1 à 4,5 mill. Probablement fort voisin du X.
tortuosum de Ceylan. Aspect très voisin des Macromischa;
forme plus allongée que chez le T. guineense. Mandibules
striées. Epistome caréné. Bord postérieur de la tête presque
droit ou à peine concave. Yeux bombés, assez gros, situés en
avant du milieu des côtés de la tête; cette dernière étroite,


5

bien plus longue que large. Scapes entièrement logés dans
une rainure située le long des arêtes frontales qui atteignent
l'occiput. Funicules épais. Pronotum voûté, arrondi. Thorax
sans trace d'incisures, élargi devant, rétréci derrière. Epines
du metanotum très longues, très étroites, divergentes, dirigées
en arrière et en haut; leur longueur est double de la largeur
du metanotum. Premier noeud du pédicule longuement pétiole,
vu de dessus ovoïde, plus long que large. Second noeud aussi
long que large. Très grossièrement réticulé (y compris le
pédicule), avec le fond des mailles finement raboteux. En
outre des rides longitudinales grossières sur , le devant de la
tête, l'épistome, l'arête frontale, les côtés du thorax et les
scapes. Abdomen, pattes et face déclive du metanotum lisses
et luisants sauf les points piligères. Abondamment couvert
partout (aussi les tibias et les scapes) d'une pilosité hérissée,
assez longue, pointue, d'un gris jaunâtre. Pubescence couchée
nulle, ou peu s'en faut. D'un rouge brunâtre avec les pattes
d'un jaune brunâtre et l'abdomen brun en dessus.

Bois de l'Ivondro près de Tamatavé, Madagascar (Dr.
G. Keller).

Cette espèce est plus grande que le X. tortuosum et s'en
distingue au moins, d'après la description, par son pédicule à
sculpture grossière (lisse chez le tortuosum), par son thorax
plus rétréci derrière, sa pilosité plus longue et plus abondante
et sou abdomen plus foncé dessus qu'à l'extrémité.

Sima Sahlbergii n. sp.

[[worker]]. L. 4,5 mill. Tête allongée (Longueur = 1 1/2 fois la
largeur), à côtés parallèles. Yeux situés au milieu' des côtés
de la tête. Pas d'ocelles. Mandibules très finement striées-
ridées, réticulées vers leur base, munies de 4 à 5 dents; leur
bord terminal passe insensiblement au bord interne; la 5me
dent sur ce dernier. Bord antérieur de l'épistome avec quatre
crénaux faiblement marqués au milieu. Pronotum et mesonotum
arrondis, non bordés. Pronotum presque aussi large derrière
qu'au milieu. Entre le mesonotum et le metanotum se trouve
un scutellum très distinct qui forme un bourrelet transversal
séparé tant du mesonotum que du metanotum par une échan-
crure profonde. Ces deux échancrures sont bien plus profondes
que la suture pro-mésonotale et sont très marquées sur le
profil. Le metanotum est élevé en bosse arrondie, plus haut
que le mesonotum, étroit, très convexe transversalement, très-
semblable de profil à celui de la S. atrata Smith, d'après Emery
(Bullet. soc. entom. Ital. anno XVIII, 1886, Tav. XVII Fig. 6).
Premier noeud du pédicule brièvement pétiolé, de forme toute


6

semblable à celui de la 8. laeviceps, mais moins élargi en ar-
rière et surtout moins convexe en dessous. Second noeud
pyriforme, élargi en arrière, un peu plus large que le premier.

Uniformément, très faiblement et finement réticulée par-
tout. Fort luisante. Ponctuation éparse piligère fine et faible,
distincte sur la tête, indistincte ailleurs. Çà et là un poil
dressé blanchâtre (aussi sur les scapes). Une pubescence
blanchâtre extrêmement fine, très courte et fort espacée est
répandue partout; sur les pattes et sur les scapes elle est assez
abondante.

Très noire, avec la base et l'extrémité des scapes, la
moitié basale des funicules, les tarses et les articulations des
pattes d'un jaune brunâtre, les mandibules rougeâtres, la massue
des antennes, le milieu des scapes et le bord postérieur des
segments abdominaux brunâtres.

Bois de l'Ivondro près de Tamatavé, Madagascar (Dr.
C. Keller).

Distincte de la S. clypeata Emery par son épistome non
denté et par le pétiole très court du premier noeud du pédicule ;
de la S. atrata par son scutellum, son premier noeud convexe
en dessous et probablement par d'autres caractères (échancrure
moins profonde du thorax).

Cremastogaster Hova n. sp.

[[worker]] . L. 3,2 à 3,5 mill. Antennes de 10 articles; massue
de trois. Corps plutôt court. Tête plus large que longue ;
yeux situés au milieu des côtés de la tête. Mandibules armées
de cinq dents, lisses, luisantes, avec quelques gros points piligères
épars. Vers leur base elles sont microscopiquement striées.
Epistome très voûté. Le pronotum et le mesonotum sont
bordés chacun, en haut, de chaque côté, par une faible arête
convexe longitudinalement, ce qui forme deux festons. Les
angles inférieurs (latéraux) du pronotum sont faiblement proé-
minents. Entre les arêtes, le dos du pronotum et du meso-
notum est assez aplati. Les sutures pro-mésonotale et méso-
métanotale sont distinctes, cette dernière est plus fortement im-
primée, mais ne forme pas d'étranglement proprement dit.
Chacune des faces (basale et déclive) du metanotum est plus
large que longue; la face basale est bien plus large derrière
que devant. Les épines sont très écartées à leur base, longues,
étroites, divergentes, au moins aussi longues que la face basale.
Les faces basale et déclive passent insensiblement de l'une à
l'autre. Premier noeud du pédicule hexagonal, plus long que
large, plus large devant que derrière. Le côté postérieur à
l'angle latéral est plus long que le côté qui lui est antérieur.


"7

Ce dernier est souvent arrondi; l'angle latéral est peu proé-
minent. Second noeud divisé en deux moitiés par un assez
fort sillon longitudinal (bien moins divisé cependant que chez
les C. tricolor et Degeeri).

Faiblement, finement et un peu irrégulièrement réticulé;
assez fortement luisant. Sur le dos du thorax les réticulations
sont un peu plus fortes et se transforment ça et là en rides
longitudinales. Sur l'abdomen elles sont presque effacées et
transformées çà et là en rides transversales. Joues et côtés
de l'épistome ridés-striés en long, les premières densément et
finement, les seconds moins densément, plutôt ridés. Face dé-
clive du metanotum lisse et luisante. Pilosité dressée à peu
près nulle (çà et là un poil), nulle sur les tibias et sur les
scapes. Pubescence couchée courte, fort éparse, mais répandue
partout, aussi sur les pattes. Sur les scapes elle est assez
abondante, un peu plus longue et un peu soulevée.

D'un brun marron bien plus foncé que chez le G. Degeeri.
Tête et abdomen d'un brun noir.' Les 8 derniers articles du
funicule, surtout la massue, l'extrémité des mandibules et les
tarses d'un roux testacé.

Bois de l'Ivondro près de Tamatavé, Madagascar (Dr.
C. Keller).

Bien distincte par ses antennes de 10 articles. Chez le
C. Degeeri qui se rapproche un peu du C. Hova, les antennes
ont 11 articles, le premier noeud du pédicule est au moins
aussi large que long, les épines sont plus courtes etc. Le
C. Degeeri se rapproche plus du C. tricolor que du C. Hova.

Cremastogaster tricolor Gerst.

[[queen]] (encore inédite). L. 8,2 à 8,8 mill. Caractères de la
[[worker]]. Mais le métanotum n'a que deux tubercules au lieu d'épines.
Le mésonotum et l'écusson sont luisants, très faiblement réti-
culés ou presque lisses avec des points épars. D'un brun
marron plutôt clair ; pédicule un peu plus clair. Les deux
tiers du premier segment de l'abdomen, à partir de la base,
d'un roux un peu brunâtre (plus foncé et moins bien délimité
que chez la [[worker]] , plus jaunâtre à la base, plus brunâtre en ar-
rière). Le reste de l'abdomen d'un brun marron foncé. Ailes
hyalines.

Vohémar, sur la côte occidentale de Madagascar, Tamatavé
(Dr. C. Keller), avec les [[worker]] .

[[male]]. L. 3,7 mill. Tête et abdomen bruns, le reste d'un
brun très clair. Ailes hyalines. Une pilosité oblique médiocre
sur le corps. Premier article du pédicule plus large devant
que derrière.


8

Des débris du nid qui se trouvaient avec les fourmis
dans un tube consistent en un carton rapproché de celui des
nids de Vespa vulgaris.

Cremastogaster Ranavalonis n. sp.

[[worker]]. L. 3,6 à 4 mill. Corps plutôt maigre et allongé.
Tête aussi longue que large, à côtés bien convexes, non
échancrée derrière. Mandibules peu luisantes finement striées,
avec des points épars, poilues, armées de quatre dents. An-
tennes de 11 articles; massue grêle, mince relativement à la
plupart des autres espèces, de trois articles; le 2me article du
funicule est relativement long et parfois à demi divisé trans-
versalement par un sillon. Yeux situés en arrière du milieu
des côtés de la tête. Aire frontale arrondie derrière ; sillon
frontal indistinct. Thorax allongé. Pronotum convexe, sans
arêtes. La suture pro-mésonotale est presque entièrement oblitérée,
réduite à une faible dépression transversale qui marque la
limite. Mesonotum bien plus long que large, à peine convexe
longitudinalement, faiblement mais distinctement convexe trans-
versalement, sans arêtes latérales. Echancrure méso-métanotale
plutôt faible. Metanotum allongé; face basale convexe anté-
rieurement, bien plus large derrière que devant. Epines assez
longues, presque droites, divergentes, étroites, dirigées presque
horizontalement en arrière (un peu en haut). Premier noeud
du pédicule allongé, à peine plus large devant que derrière,
bien plus long que large. Vu de dessus, son bord antérieur
est plus ou moins sémicirculaire ou bien plus ou moins anguleux
(formant deux côtés d'un losange); ses bords latéraux (jusqu'aux
angles latéraux du' bord antérieur) sont presque parallèles.
Second noeud petit, arrondi, bien plus large que long, sans
sillon longitudinal, mais avec une impression ou echancrure au
milieu de son bord postérieur-supérieur.

Tout le corps très luisant, très faiblement réticulé; çà et
là réticulé-ridé. Thorax, surtout le métanotum, lisse ou presque
lisse. Les réticulations sont plus fortes sur le devant de l'ab-
domen et sur le dessus du premier noeud qui est demi mat. Les
côtés de la tête et le front sont très faiblement réticulés-ridés
en long. L'aire frontale et l'épistome ont des rides longitudi-
nales plus serrées et sont moins luisants.

Pilosité dressée d'un blanc sale, très dispersée, nulle sur
les tibias et les scapes. Une pubescence couchée, espacée,
blanchâtre ou grisâtre, assez abondante sur les pattes et sur
les scapes (soulevée sur ces derniers), puis sur la tête, courte
et fort éparse sur l'abdomen et encore, plus rare sur le thorax.