BULL. SOC. VAUD. SC. NAT. 52, 194 151
Quelques fourmis de Madagascar
récoltées par le Dr Friederichs et quelques
remarques sur d'autres fourmis
PAR
Aphaenogaster Friederichsi u. sp. [[worker]] L : 3,8-4,2 mill.
Mandibules assez luisantes, fortement ridées en long,
avec des points espacés entre les rides, armées de quatre
dents distinctes devant et de trois ou quatre denticules
indistincts derrière. Epistome formant au milieu un fort
lobe arrondi avec une large et distincte échancrure au
milieu et une impression longitudinale derrière l'échan-
crure allant presque jusqu'à l'aire frontale qui est assez
triangulaire et fortement imprimée. Arêtes frontales à
peine divergentes, presque droites. Seulement un peu plus
longue que large et un peu élargie derrière, chez la grande
ouvrière, la tête est bien distinctement plus longue que
large et nullement élargie derrière chez la petite, chez
laquelle le bord postérieur est aussi moins marqué. Les
yeux, de moyenne grandeur, sont situés à peine en avant
des côtés (au milieu chez la grande ouvrière). Le scape
dépasse l'occiput de deux fois son épaisseur. Le funicule,
de onze articles, a une massue très distincte, composée
de quatre articles, dont les trois avant-derniers sont subé-
gaux et le dernier à peine aussi long que les deux précé-
dents réunis. Les articles deux à sept du funicule sont
assez distinctement plus longs que larges (le troisième à
peine) et plus globuleux que chez le subterranea. Thorax
152 A. FOREL
identique à celui du subterranea, mais seulement deux
dents triangulaires pointues, aussi longues que larges et
bien plus courtes que leur intervalle au lieu d'épines. Le
postpétiole est plus long que haut (plus haut que long
chez le subterranea), plus bas que le nœud du pétiole.
La sculpture, la pilosité, la pubescence et la couleur
sont du reste identiques à celles du subterranea, la cou-
leur à celle de ses variétés foncées. Néanmoins la sculp-
ture, surtout celle de la tête, est plus forte ; la tête est
mate, seulement subopaque à l'occiput, derrière.
Diego-Suarez, Madagascar, récolté par le Dr Friede-
richs.
A première vue cette forme ressemble à s'y méprendre
à un très petit subterranea foncé ; mais la massue des
antennes est bien plus distincte, les articles plus globu-
leux, les scapes plus longs, etc. Etant donné le climat tro-
pical de Diego-Suarez, il n'est du reste guère admissible
qu'un A. subterranea puisse y vivre, même transporté
d'Europe. La Brunella Belti, qui ressemble un peu à la
nouvelle espèce, a une massue distinctement de trois arti-
cles. A part la Deromyrma Swammerdami, il n'y a du
reste pas d'Aphaenogaster connu à Madagascar, sauf
l´oculata Eun., qui est tout différent. La [[queen]] et le [[male]] étant
inconnus, on ne peut savoir, s'il ne s'agit pas peut-être
d'une Deromyrma.
Pheidole Annemariae u. sp. [[soldier]] L : 3,1-3,5 mill. Mandi-
bules luisantes, massives, presque lisses, avec quelques
petits points très espacés et deux dents obtuses à l'extré-
mité. Bord antérieur de l'épistome échancré au milieu et
imprimé transversalement tout de son long. Tête assez
rectangulaire, légèrement élargie en arrière, à côtés
presque droits, à peine d'un cinquième plus longue que
large, profondément échancrée en angle à l'occiput, qui
forme deux lobes arrondis. A son tiers postérieur, la tête
a une large impression transversale et évasée, tandis que
QUELQUES FOURMIS DE MADAGASCAR 153
son tiers antérieur est très obtusément subtronqué. Les
arêtes frontales, faiblement divergentes, sont bien plus
éloignées l'une de l'autre que du bord de la tête. Les yeux
convexes sont situés en avant du tiers antérieur. Le sillon
occipital atteint le milieu de la tête; ce dernier a, de côté,
une large impression pour l'extrémité du scape. Antennes
de douze articles. Le scape dépasse à peine le milieu de la
tête. Le dernier article de la massue est long comme
environ les deux précédents réunis. Le promésonotum
forme une forte convexité, aussi haute que longue, avec
deux tubercules pronotaux indistincts. A son milieu, le
mésonotum porte deux fortes dents triangulaires, pointues
et très distinctes, dirigées en arrière. L'épinotum, hori-
zontal, à peu près carré, porte deux très longues épines,
un peu divergentes, dirigées en haut et un peu en arrière,
au moins aussi longues que sa face basale et plus longues
que la face déclive. Le pétiole, sans dents dessous, a un
pédicule antérieur plus long que son nœud, qui est com-
primé, avec un bord supérieur très obtus. Le postpetiole
est presque trois fois plus large que le pétiole et presque
deux fois et demie plus large que long, formant de chaque
côté un cône pointu. Pattes courtes ; cuisses renflées au
milieu.
Tête subopaque, presque mate, très finement réticulée,
ridée en long sur plus de sa moitié antérieure (sauf à l'im-
pression pour les scapes), grossièrement réticulée sur son
bon tiers postérieur.
Thorax assez luisant, en partie finement et de plus
grossièrement et irrégulièrement réticulé et ridé. Pétiole,
postpetiole et base de l'abdomen subopaques et finement
réticulés, le postpétiole plus faiblement. Reste de l'ab-
domen lisse et luisant, ainsi que les pattes.
Pilosité dressée, espacée, pointue, mais fort distincte,
sur tout le corps et tous les membres. Pubescence presque
nulle. D'un brun assez foncé ; mandibules d'un brun un
154 A. FOREL
peu roussâtre avec le bord noir Abdomen et membres
d'un brun jaunâtre.
[[worker]] L : 1,4-1,8 mill. Mandibules subopaques, finement
réticulées et ponctuées, faiblement dentées. Bord anté-
rieur de l'épistome entier. Tête à côtés convexes ; elle
est presque aussi large au milieu que longue, rétrécie
devant et derrière, avec le bord postérieur échancré. Les
yeux sont situés au milieu des côtés, et sont assez con-
vexes. Le scape dépasse le bord postérieur de deux fois
son épaisseur. Promésonotum fort convexe. Le mésono-
tum porte au milieu deux dents pointues et divergentes,
plus longues que larges et encore plus distinctes que chez le [[soldier]]
Epines de l'épinotum comme chez le [[soldier]], aussi longues que
la face basale et un peu recourbées en avant. Postpétiole
aussi long que large, à côtés convexes, sans trace de cône
latéral, à peine deux fois plus large que le pétiole. Cuisses
renflées au milieu.
Tête et thorax densément réticulés et mats. Pétiole,
postpetiole, abdomen et membres lisses et luisants. Pilo-
sité et pubescence comme chez le [[soldier]]. Entièrement d'un
roux jaunâtre, abdomen et pattes jaunâtres.
[[queen]] L: 3,6 mill. Mandibules comme chez le [[soldier]]. Tête carrée,
faiblement et largement échancrée à son bord postérieur,
sans impression derrière, non subtronquée. Ocelle anté-
rieur plus gros que les autres. Le scape atteint le quart
postérieur. Le mésonotum, aplati dessus, n'est pas plus
large que la tête et n'a, de côté, qu'une dent obtuse et
peu distincte. Abdomen tronqué devant (comme du
reste chez le [[soldier]]). Tout le reste comme chez le [[soldier]], mais
l'occiput seul est grossièrement réticulé, le devant de
l'abdomen est mat, densément réticulé et le dos du méso-
notum est grossièrement ridé en long, le scutellum étant
lisse. Le corps entier est d'un brun noirâtre, y compris
l'abdomen. Les pattes sont brunes, avec les articula-
tions, les tarses et les antennes, roussâtres ; devant de
QUELQUES FOURMIS DE MADAGASCAR 155
la tête et mandibules rougeâtres. Les ailes manquent.
Ilot Prune près Tamatave, Madagascar, récolté par le
Dr Friederichs.
Anochetus africanus Mayr v. Friederichsi n. v. [[worker]].
Identique à la variété madagascariensis For., dont elle
ne diffère que par son écaille, absolument entière au som-
met, sans trace d'échancrure. L'insecte est aussi un peu
plus lisse et plus luisant.
Ilot Prune près Tamatave, Madagascar, récolté par le
Dr. Friederichs.
Le Dr Friederichs a récolté en outre à l'îlot Prune et
à Diego-Suarez (Cap. Diego) les formes suivantes déjà
connues : Odontomachus haematodes L [[male]] ; Pheidole mega-
cephala F. r. spinosa For. [[worker]] [[male]]; Pheidole picata For. [[worker]]
Cremastogaster madagascariensis And. [[queen]] [[male]]; Camponotus
(Myrmoturba) maculatus F. r. Radamae For. v. mixtella
For. [[worker]] ; Camponotus (Dinomyrmex) Dufouri For. [[queen]].
J'ai reçu dans le temps un exemplaire de l´Euponera
(Hagensia) Havilandi For., provenant de Durban, Natal,
mais qui diffère assez du type pour constituer au moins
une variété spéciale que je nomme v. Fochi u. v. Elle est
plus grande que le type et surtout elle à la tête plus large
assez distinctement échancrée au bord postérieur. En
outre l'abdomen est entièrement luisant, très faiblement
réticulé ou ridé et surtout absolument dépourvu de la
pubescence abondante qu'on voit chez le type. La tête
est aussi plus luisante et moins sculptée derrière.
M. Bruch m'a envoyé autrefois avec les [[queen]] normales du
Solenopsis tenuis Mayr r. Weiseri For., quelques [[queen]] qui
avaient été négligées et qui diffèrent tellement du type,
que je crois devoir les considérer comme une espèce pro-
bablement parasite. On pourrait presque en faire un
sous-genre qui mériterait d'être appelé Synsolenopsis,
quoique les ailes, l'épistome, les antennes etc. soient
absolument semblables aux Solenopsis.
156 A. FOREL
Solenopsis (Synsolenopsis ?) Bruchi n. sp. [[queen]] L : 3,9-
4,4 mill. Bien plus petite que Weiseri. Les ailes, entière-
ment hyalines, ne dépassent pas l'abdomen. Les mandi-
bules, subopaques et ridées, sont, plus courtes et plus
obtuses que chez Weiseri, tridentées à l'extrémité ; leur
bord terminal est droit, pas oblique. Deux dents-pointues
à l'épistome, comme chez Weiseri; mais les arêtes fron-
tales sont plus rapprochées l'une de l'autre, plus aiguës
et formant entre elles un sillon luisant et étroit, plus long
et plus marqué. L'épinotum a deux dents pointues fort
distinctes derrière, fait tout à fait exceptionnel pour un
Solenopsis. Le nœud du pétiole est beaucoup plus bas et
plus conique que chez Weiseri. Le postpetiole est aussi
plus bas ; mais les dents en bas sont les mêmes. La cou-
leur est noire, avec les pattes et les antennes brunes, les
articulations, les mandibules et les arêtes frontales d'un
roux jaunâtre. Tout le reste à peu près comme chez la
L. tenuis r. Weiseri, mais le thorax est relativement plus
étroit.
Canals, Cordoba, récolté par M. Weiser, avec le
Solenopsis tenuis r. Weiseri [[queen]] et [[worker]].
Karawaiew ayant décrit en 1909 (Horae soc. ent.
rossicae XXXIX, nov. 1909, p. 272) sous le nom de rufa
une variété du Messor barbarus L. R. meridionalis
André, la variété rufa du Messor barbarus r. semirufus
André que j'ai décrite, sans m'apercevoir de la chose.
dans mes « Ameisen aus Erythraea » dans les « Zoologis-
chen Jahrbüchern vol. XXIX, 1910, p. 250, doit chan-
ger de nom ; je la nomme var. rufula nov. nom.