HISTOIRE

PHYSIQUE, NATURELLE ET POLITIQUE

DE

MADAGASCAR.


PARIS, LIBRAIRIE HACHETTE ET CIE,

BOULEVARD SAINT-GERMAIN, 79.


HISTOIRE

PHYSIQUE, NATURELLE ET POLITIQUE

DE

MADAGASCAR

PUBLIÉE

PAR ALFRED GRANDIDIER.

VOLUME XX. HISTOIRE NATURELLE DES HYMÉNOPTÈRES.

DEUXIEME PARTIE :

LES FORMICIDES,

PAR A. FOREL,

PROFESSEUR À L’UNIVERSITÉ DE ZURICH.

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PARIS.

IMPRIMÉ, PAR AUTORISATION DE M. LE GARDE DES SCEAUX,

À L’IMPRIMERIE NATIONALE.

M DCCC XCI.


II                                                       AVANT-PROPOS.

qui réside à Antananarivo, MM. Humblot, Grevé, Sikora et le Dr Besson, vice-résident de France à Fianarantsoa, nous ont aussi envoyé

des Fourmis. Les récoltes du Père Camboué sont particulièrement

intéressantes et nous ont fourni les sexes ailés de plusieurs espèces.

M. Humblot a trouvé le nid, très curieux, du Cremastogaster Ranavulonœ.

M. Henri de Saussure a eu l’obligeance de me communiquer à plusieurs reprises des Fourmis de Madagascar de diverses provenances, en particulier les belles récoltes faites par M. O’Swald, de la maison William O’swald de Hambourg. M. O’Swald a donné ses collections au Musée d’histoire naturelle de Hambourg, dont le directeur a mis gracieusement les Formicides à notre disposition.

Mon ami, M. le professeur Emery, de Bologne, a bien voulu me permettre de décrire une nouvelle espèce qu’il avait reçue (le Camponotus Dufouri) et m'envoyer la description et la figure d’une autre espèce nouvelle [Cataulacus Oberthüri, Emery) que je publie ici sous son nom, en lui adressant mes meilleurs remerciements. Je lui dois aussi les seuls exemplaires que j'aie vus de l’ Odontomachus Coquereli, Roger.

M. E. André, de Gray, a eu l’obligeance de me donner des doubles de deux espèces de Madagascar qu’il a publiées et de me fournir plusieurs indications précieuses sur quelques autres provenant également de cette île. Enfin j'ai reçu deux espèces nouvelles de M. Camillo Schaufuss, du Museum Ludwig-Salvator, à Meissen (Saxe).

Qu'il me soit permis de remercier ici toutes les personnes qui m'ont ainsi fourni le meilleur de ce travail, mais avant tout M. Grandidier, qui en est l’âme et l’initiateur.

Grâce à tous ces concours, j'ai obtenu une série de quatre-vingt-dix


AVANT-PROPOS(1).

Le présent travail a été commencé, il y a plusieurs années, à la demande de M. H. de Saussure, qui m'a prié de décrire les Fourmis récoltées à Madagascar par M. Alfred Grandidier. Grâce à l’inépuisable obligeance de M. Grandidier et à l’ardeur infatigable avec laquelle il poursuit son œuvre — l’étude de l’histoire naturelle de Madagascar — j'ai fini par disposer d’un matériel suffisant pour donner une idée générale de la faune si intéressante et si spéciale des Formicides de cette île.

Le noyau primitif m'a été fourni par les chasses de M. Grandidier. Puis sont venues s'ajouter les intéressantes récoltes faites par Hildebrandt au centre de l’île, dans le pays des Hova comme dans celui des Betsileo, récoltes qui m'ont été aimablement communiquées par M. le Dr Dewitz, conservateur du Musée de Berlin. M. le Dr Conrad Keller, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich, ayant fait un voyage à Madagascar, y a récolté des Fourmis parmi lesquelles se sont trouvées plusieurs espèces nouvelles provenant de Tamatave, de Nosibé, etc.

A la demande de M. Grandidier, le Révérend Père Camboué,

(1) Dans ce travail, nous avons aussi étudié les Fourmis des îles voisines, qui, en réalité, appartiennent à la même faune.


IV                                                    AVANT-PROPOS.

dans toutes les régions tropicales du inonde par le mouvement de la navigation. Des dix espèces qui restent, quatre appartiennent à la faune de l’Asie tropicale et six à celle de l’Afrique tropicale. Des types bien caractérisés de cette dernière catégorie sont le Cremastogaster tricolor pour l’Afrique tropicale orientale, le Technomyrmex albipes et le Leptogenys falcigera pour l’Asie tropicale. Il y a enfin une espèce ou plutôt un groupe considérable de races répandues sur toute la surface du globe, le Camponotus maculatus de Fabricius: sur les quatre races du C. maculatus qui habitent Madagascar, une seule, le C. maculatus i. sp., lui est commune avec l’Afrique entière; les trois autres lui sont spéciales.

Si donc nous supprimons les espèces cosmopolites et celles dont le représentant malgache est une race ou une variété spéciale, il ne nous reste que quatre espèces typiques communes à Madagascar et à l’Asie, et sept espèces typiques communes à Madagascar et à l’Afrique. Le fait est vraiment étonnant, étant donnée l’extension géographique relativement considérable des espèces de Fourmis.

Par contre, à l’exception des genres Aeromyrma, Simopone et Mayria, Madagascar n'a pas de genre particulier (tout au plus les sous-genres Euponera et Otomyrmex). Le singulier genre Mystrium de Roger, qu’on avait cru jusqu’à ces derniers temps propre à Madagascar, lui est commun avec la Birmanie (Mystrium Camillœ, Emery, qui a été décrit dernièrement).

Il est curieux qu’aucun Dorylide n'ait été trouvé jusqu’ici à Madagascar, tandis que cette sous-famille est très répandue dans l’Asie et l’Afrique tropicales. H est probable qu’on l’y découvrira un jour. Les genres qui sont représentés à Madagascar le sont tout à la fois


AVANT-PROPOS.                                                       v

en Afrique et en Asie, à l’exception des suivants: Aeromyrma, Simopone, Mayria, qui sont spéciaux à l’île; Mystrium, Technomyrmex, Oligomyrmex, qui ne sont représentés qu’en Asie (le dernier l’est également en Europe), et Paltothyreus, qui n'est représenté qu’en Afrique.

OUVRAGES

DANS LESQUELS SONT DÉCRITES DES FOURMIS DE MADAGASCAR.

N. B. Cette liste ne comprend pas les travaux où sont décrites des espèces provenant d’autres parties du monde et qui, parce qu’elles sont très répandues, ont été retrouvées plus tard à Madagascar.

Drury, Illustrations of Natural History, London, t. II (1770).

FABRICIUS, Entomologia systematica emendata et aucta (1792 à 1794).

Smith Fr., Catalogue of the Hymenopt. ins. of the British Museum, part VI, Formicidae (1858).

Roger, Die Ponera artigen Ameisen, part II, Berliner entomolog. Zeitschrift (1861), p. 30.

Roger, Einige neue exotische Ameisen-Gattungen und Arten, Berliner entomologische Zeitschrift (1862), p. 245.

Roger, Die neu aufgeführten Gattungen und Arten meines Formiciden Verzeichnisses, Berliner entomologische Zeitschrift (1863), 134 p. 134 et 135.

Roger, Verzeichniss der Formiciden-Gattungen und Arten, Berl. entom. Zeitschrift (1863).

André, Description de quelques Fourmis nouvelles ou imparfaitement connues, Revue d’entomologie (novembre 1887).

A. Forel, Diagnoses provisoires de quelques espèces de Fourmis de Madagascar, récoltées par M. Grandidier, Bulletin de la Société entomologique de Belgique (1er mai 1886).

A. Forel, Études myrmécologiques en 1886, Annales de la Société entomologique de Belgique, t. XXX (6 novembre 1886).

A. Forel, Fourmis récoltées à Madagascar par le Dr Conrad Keller, Bulletin de la Société entomologique de Suisse, vol. VII, n° 10 (octobre 1887).


HISTOIRE NATURELLE

DES

FORMICIDES DE MADAGASCAR.

LISTE

DES ESPÈCES, RACES ET VARIÉTÉS DE FOURMIS

TROUVÉES À MADAGASCAR ET DANS LES ÎLES VOISINES.

(Les chiffres arabes se rapportent aux espèces; les chiffres romains aux races; les lettres a à n aux variétés. )

1.    Camponotus Hildebrandti. Imerinä. — Pays des Betsileo.

2.    Camponotus Dufouri. Forêts des environs de Tamatave.

a. var. imerinensis. Imerinä.

3.    Camponotus cervicalis. Nosibé. —Forêts de Madagascar. 4. Camponotus egregius, r. Gouldi. "Madagascar".

I. Camponotus maculatus, r. Hagensii. Centre de Madagascar.

5.    Camponotus maculatus i. sp. N'gasiya (Grande Comore). Nosibé. — " Madagascar",

d’après une vieille étiquette de Boivin du Musée de Paris, mais je ne l’ai pas reçu de Madagascar même. II. Camponotus maculatus, r. hova. "Madagascar". — Morondava (côte Ouest).

III.    Camponotus maculatus, r. Radamœ i. sp. Forêts de Madagascar (en particulier des environs de Tamatave).

b.    var. mixtellus. De la même provenance.

c.   var. hovoides. Imerinä (Antananarivo, etc. ). —Tamatave.

IV.    Camponotus maculatus, v. Boivini. "Madagascar".

6.    Camponotus aurosus. Ile Maurice.

7.    Camponotus Ellioti. "Madagascar".

8.    Camponotus Grandidieri. "Madagascar". — Nosibé.

9.    Camponotus niveosetosus, var. madagascariensis. "Madagascar". — Fianarantsoa.

10.    Camponotus Darwinii. Imerinä.

d.    var. rubropilosus. Imerinä. — Forêt d’Analamainty.

11.    Camponotus Radovæ;. "Madagascar". — Centre de Madagascar (Antananarivo). —

Morondava (côte Ouest).

e.   var. Radovœ-Darwinii. Imerinä.

Formicides.                                                                                                                           1


2                                                      MADAGASCAR.

12.   Camponotus ursus. "Madagascar".

13.   Camponotus nosibeensis."Madagascar". — Nosibé.

14.   Camponotus Edmondi. Forêts des environs de Tamatave.

f. var. Ernesti. De la même localité.

15.   Camponotus echinoploides. Forêt située à 3o milles dans l’Ouest de Tamatave.

16.   Camponotus Sibreei. De la même localité que le précédent.

17.   Camponotus robustus. "Madagascar2. — Forêts de l’Est. — Tamatave.

18.   Camponotus sericeus. Île Maurice.

19.   Camponotus quadrimaculatus. "Madagascar". — Fianarantsoa.

g. var. gibber. Imerinä.

20. Camponotus Lubbocki. Imerinä (Antananarivo). V. Camponotus Lubbocki, r. christoides. Nosibé.

21.   Camponotus Kelleri. Environs de Tamatave.

22.   Camponotus Christi. Imerinä (Antananarivo). — Pays des Betsileo. VI. Camponotus Christi, r. Foersteri. De la même localité que le précédent.

23.   Camponotus dromedarius. Imerinä (Antananarivo).

24.   Camponotus nasica. Fianarantsoa. — Imerinä.

25.   Camponotus Cambouei. Imerinä (Antananarivo).

26.  Mayria madagascariensis. "Madagascar".

27.   Colobopsis cylindrica. Ile Maurice.

28.  Polyrhachis bihamata. Anjouan (Comore)?

29.   Prenolepis longicornis. Nosibé.

30.   Prenolepis bourbonica. Ile de la Réunion.

31.   Prenolepis vividula, r. madagascariensis. Nosibé. — Pays des Betsileo.

32.   Prenolepis Ellisii. Imerinä (Antananarivo, forêt d’Analamainty). — Fianarantsoa. —

Forêts près de Tamatave.

33.  Prenolepis Humbloti. "Madagascar". — Forêts de l’Est. — Imerinä.

34.   Prenolepis glabra. Imerinä.

35.  Acantholepis capensis. "Madagascar". — Nosibé.

36.   Technomyrmex albipes. Tamatave. — Imerinä (Antananarivo, Ambavahaditokanä, etc.).

37.   Technomyrmex Mayri. Bois situé à 3o milles au Nord-Ouest de Tamatave.

38.   Tapinoma melanocephalum. Tamatave.

39.   Odontomachus hœmatodes. Environs de Tamatave. — Forêts de l’Est de Madagascar.

40.   Odontomachus Coquereli. "Madagascar".

41.   Anochetus africanus, var. madagascariensis. Nosibé. — Environs de Tamatave.


FORMICIDES.                                                         3

42. Anochetus Grandidieri. Forêts de Madagascar. 43. Leptogenys falcigera. Environs de Tamatave. 44. Leptogenys maxillosa. Nosibé. — Ile Maurice.

45.   Leptogenys incisa. Montagne de Lokobé (à Nosibé).

46.    Mystrium mysticum. Côte Est (Fénérive. — Bois situé à 3o milles de Tamatave, etc. ).

47.   Lobopelta O’Swaldi. Bois situé à 3o milles au Nord-Ouest de Tamatave. 48. Lobopelta Saussurei. Mahanorö.

49. Ponera sakalava. Centre de Madagascar.

50. Ponera (Euponera) Sikorœ. Imerinä.

51.   Bothroponera Wasmannii. Nosibé.

52.    Bothroponera comorensis. Nosibé. — "Madagascar".

53.   Bothroponera Perroti. Fénérive.

54.   Bothroponera Cambouei. Imerinä (Antananarivo, etc).

55.   Paltothyreus tarsatus. "Madagascar".

56.   Parasyskia imerinensis. Imerinä.

57.   Simopone Grandidieri. Imerinä?

58.    Cataulacus Ebrardi. "Madagascar". —Antananarivo ♂ ? —Morondava (côte Ouest).

59.    Cataulacus Oberthüri. Forêt d’Alahakato. — Environs de Tamatave.

60.   Meranoplus Radamœ. Centre de Madagascar.

61.    Tetramorium guineense. Environs de Tamatave.

62.    Tetramorium Blochmannii. Bois sur les bords de l’Ivondronä, près de Tamatave.

h. var. montanum. Imerinä (Antananarivo). — Fianarantsoa.

63.    Tetramorium (Xiphom. ) Kelleri. Bois sur les bords de l’Ivondrona, près de Tamatave.

64.    Tetramorium (Xiphom. ) Humbloti. N'gasiya (Grande Comore).

65.    Tetramorium (Xiphom. ) Bessonii. Fianarantsoa (pays des Betsileo).

66.    Tetramorium (Xiphom. ) Schaufussii. "Centre de Madagascar".

67.    Cardiocondyla Emeryi, var. Rasalamae. Imerinä (Antananarivo, etc. ).

68. Cardiocondyla Shuckardi. Imerinä (Antananarivo).

69.   Monomorium Pharaonis. "Madagascar". — Morondava, etc. (côte Ouest).

70.    Monomorium minutum. Imerinä (Antananarivo).

71.    Aphaenogaster Swammerdami. Imerinä. (Antananarivo, etc. ). — Fianarantsoa. —

Ihosy (pays des Bara). — Nosibé.

i. var. curta. Morondava (côte Ouest).

72.   Pheidole longispinosa. Imerinä (Antananarivo, etc. ).

73.   Pheidole O’Swaldi. Bois situé à 3o milles au Nord-Ouest de Tamatave.


4                                                      MADAGASCAR.

VII. Pheidole O’Swaldi, r. Bessonii. Fianarantsoa.

74. Pheidole megacephala. Madagascar (partout). — Nosibé. — Î Île de la Réunion, etc. k. var. scabrior. "Madagascar".

75.    Cremastogaster Grevei. Morondava (côte Ouest).

76.    Cremastogaster hova. Rois sur les bords de l’Ivondronä, près de Tamatave. VIII. Cremastogaster hova, r. nosibeensis. Nosibé.

77.    Cremastogaster Schenki. Imerinä (Antananarivo).

78.    Cremastogaster Ranavalonae. Bois sur les bords de l’Ivondronä, près de Tamatave. —

Forêts de Madagascar.

79.    Cremastogaster tricolor. " Madagascar". — Vohémar. — Tamatave. — Morondava.

l. var. decolor. Forels de Madagascar.

80.    Cremastogaster Degeeri. "Madagascar". — Inierinä (Antananarivo, Ambohipo, etc. ).

— Fianarantsoa.

81.    Cremastogaster madagascariensis. Tamatave. — Forêts de l’intérieur de Madagascar.

82.    Cremastogaster senegalensis. "Madagascar".

83.    Cremastogaster Rasoherinae. Tamatave.

84.    Cremastogaster inermis, r. Sewellii. "Madagascar". — Imerinä (Antananarivo). —

Fianarantsoa.

m. var. dentatus. Morondava (cote Ouest).

85.    Cremastogaster Kelleri. Bois sur les bords de l’Ivondronä, près de Tamatave.

86.   Aeromyrma Nosindambo, "Madagascar". — Imerinä (Antananarivo, etc. ).

87.    Oligomyrmex Grandidieri. Antananarivo.

88.   Sima Grandidieri. Centre de Madagascar.

n. var. Hildebrandti. Pays des Betsileo.

89.    Sima Sahlbergii. Rois sur les bords de l’Ivondronä, près de Tamatave. IX. Sima Sahlbergii, r. morondaviensis. Morondava (côte Ouest).

90.    Sima Rakotonis. Morondava (côte Ouest).

Cette liste ne donne qu’une idée relative et approximative de la répartition des formes dans le domaine de Madagascar et des îles environnantes. Pour Se faire une opinion, il faut tenir compte des faits Suivants:

1° Sauf dans le cas où il entre en concurrence avec une autre île, le terme "Madagascar" doit être simplement éliminé du calcul, car il ne permet pas de juger dans quelle partie de l’île l’insecte a été pris.

2° Souvent une espèce est représentée dans la partie centrale de l’île par une autre race ou variété que sur la côte. Ainsi le C. Hagensii est propre au centre, le C. maculatus aux petites îles, le C. Radamœ i. sp. à la côte Est. C'est pourquoi je crois rendre mieux


FORMICIDES.                                                          5

compte de la géographie morphologique en comptant chaque race et chaque variété, aussi bien que chaque espèce, comme unité.

3° Il est certain que plusieurs formes qui jusqu’ici n'ont été trouvées que dans une région seront prises plus tard dans d’autres, ce qui ne donne à nos chiffres qu’une valeur très relative. Cependant les chasses de diverses personnes à Nosibé, aux environs de Tamatave et au centre de l’île, permettent déjà de reconnaître certaines différences de faune dont on ne peut douter. Plusieurs espèces qui se retrouvent toujours dans les envois de l’Imerinä (Antananarivo, etc. ) et de Fianarantsoa ne se sont encore trouvées dans aucun envoi des environs de Tamatave et vice versa. Il n'y a qu’à étudier la liste ci-dessus pour s'en assurer.

En somme, on peut distinguer jusqu’ici quatre régions qui dénotent des différences accentuées dans leur faune:

a.    Centre de l’île (région élevée, dénudée, massif montagneux): Imerinä (Antananarivo, etc. ), Fianarantsoa et la région Betsileo explorée par Hildebrandt et par Ie Dr Besson;

b.    Côtes Ouest et Sud, sèche, sablonneuse (Morondava), qui se rapproche de la région a;

c.    Région côtière Est et Nord, humide, avec de nombreuses forêts. Les points les plus explorés de cette région sont Tamatave et ses environs, ainsi que l’île de Nosibé qui s'y rattache entièrement. Fénérive, Vohémar, Mahanoro; les forêts du versant oriental qu’a explorées M. Humblot s'y rattachent aussi;

d.    Iles Maurice et de la Réunion.

Il est possible que les îles Comores (N'gasiya, etc. ) aient une faune myrmécologique particulière, mais les matériaux provenant de ces régions font encore trop défaut.

Parmi les cent quatre formes (unités) comptées d’après les données précédentes, en laissant de côté les indications "Madagascar", nous avons donc la répartition suivante:

Centre de Madagascar seulement......................   38 formes.

Tamatave, forêts, côtes Est et Nord seulement............   29

Morondava, côte Ouest Seulement.....................     7

Nosibé seulement..................................     5

Ile Maurice seulement..............................     3

Île de la Réunion seulement.........................     1

Iles Comores (N'gasiya, Anjouan) seulement..............     2

Centre de Madagascar et côtes de l’Est et du Nord.........     4

Nosibé et Tamatave................................     3

"Madagascar" et Nosibé............................      4

Centre de Madagascar et Nosibé.......................     2

Nosibé et N'gasiya.................................     1

Nosibé et île Maurice...............................     1

Centre et côte Sud-Ouest...........................      2

Côtes Est, Nord et Sud-Ouest........................      1

"Madagascar" (centre), région côtière (Tamatave, etc. ), forêts,

Nosibé, île de la Réunion.........................     1

Formicides.                                                                                                                               3

Imprimerie Nationale


6                                                            MADAGASCAR.

La rubrique Nosibé et "Madagascar" comprend des espèces qui sont probablement communes à Nosibé et à la région côtière du Nord et de l’Est de Madagascar. La seule espèce qui pullule vraiment partout est la Pheidole megacephala (dernière rubrique).

FAUNE de MADAGASCAR dans ses RAPPORTS avec celle des continents.

Les formes suivantes sont communes à Madagascar (ou dans une des îles voisines) et à un ou plusieurs continents:

1.    CAMPONOTUS sericeus. Île Maurice et Afrique.

2.    CAMPONOTUS niveosetosus. Afrique du Sud.

var. madagascariensis. Madagascar seulement.

3.    Camponotus egregius. Brésil, îles de la Sonde.

r. Gouldi. Madagascar seulement. 4. CAMPONOTUS maculatus sens. extens. Monde entier.

r. maculatus i. sp. Afrique, Asie Mineure, N'gasiya, Madagascar.

5.    Colobopsis CYLINDRICA. Inde, île Maurice.

6.    POLYRHACHIS BIHAMATA. Îles de la Sonde, Ceylan, Anjouan.

7.    Prenolepis LONGICORNIS. Cosmopolite dans les tropiques. Madagascar.

8.    PRENOLEPIS vividula. Asie, îles Tonga, serres chaudes d’Europe.

r. madagascariensis. Madagascar seulement.

9.    Prenolepis Braueri. Upolu (Océanie).

r. Humbloti. Madagascar seulement.

10.    ACANTHOLEPIS capensis. Afrique du Centre et du Sud, Madagascar.

11.    Technomyrmex albipes. Îles de la Sonde, Inde, Madagascar.

12.    TAPINOMA melanocephalum. Cosmopolite dans les tropiques. Madagascar.

13.    Odontomachus haematodes. Cosmopolite dans les tropiques. Madagascar.

14.    Anochetus AFRICANUS. Côte d’Or.

var. madagascariensis. Madagascar seulement.

15.    LEPTOGENYS FALCIGERA. Ceylan, Sumatra, Madagascar.

16.    Paltothyreus tarsatus. Afrique tropicale, Madagascar.

17.    Tetramorium guineense. Cosmopolite dans les tropiques. Madagascar. I 8.    Cardiocondyla Emeryi. Cosmopolite dans les tropiques.

var. Rasalamœ. Madagascar seulement.

19.    Monomorium Pharaonis. Cosmopolite. Madagascar.

20.    MONOMORIUM minutum. Europe méridionale, Afrique, Madagascar.

21.    Pheidole MEGACEPHALA. Cosmopolite. Madagascar.


FORMICIDES.                                                         7

22.    Cremastogaster tricolor. Mozambique, Madagascar.

23.    Cremastogaster inermis. Asie Mineure, Sinaï, Nord de l’Afrique.

r. Sewellii. Madagascar seulement. r. dentatus. Madagascar seulement.

24.    CREMASTOGASTER senegalensis. Afrique tropicale, Madagascar.

Toutes les autres formes (et, parmi les vingt-quatre précédentes, les races ou variétés des n°s 2, 3, 8, 9, 14, 18 et 23 dont l’espèce typique n'a pas été prise à Madagascar) sont particulières à la faune malgache ou à celle des îles voisines et n'ont été jusqu’ici trouvées nulle part ailleurs. Ajoutons que la provenance des n°s 6 et 16 me paraît douteuse (Drury peut s'être trompé et l’étiquette du n0 16 est sujette à caution).


MADAGASCAR.

table analytique

DES GENRES CONNUS À MADAGASCAR (POUR LES OUVRIÈRES).

N. B. ☿ signifie ouvrière, ♃ soldat, ♀ femelle, ♂ mâle.

1re SOUS-FAMILLE: camponotidÆ, Forel (1).

Vessie à venin à coussinet. Aiguillon entièrement transformé. Un seul article au pédicule. Abdomen proprement dit sans rétrécissement après le premier segment. Ouverture du cloaque circulaire, apicale, ciliée. Corps en général plus ou moins mou. Les antennes s'articulent au milieu du côté des arêtes frontales,

loin du bord postérieur de l’épistome.............. 2

Les antennes s'articulent aux angles postérieurs de l’epistome. 1

1.   La fossette clypéale est séparée de la fossette antennaire. Antennes de douze articles. Écaille inclinée en avant, inerme.

Métanotum inerme. Nymphes nues................ Prenolepis, Mayr.

La fossette clypéale est réunie à la fossette antennaire. Antennes de onze articles. Écaille bidentée, à peine inclinée. Métanotum bidenté. Nymphes entourées d’un cocon... Acantholepis, Mayr.

2.    Arêtes frontales plus distantes entre elles que du bord de la

tête. Premier segment de l’abdomen allongé plus court, plus bas et plus étroit que le second, insensiblement

atténué en avant............................. Mayria, Forel.

Arêtes frontales plus rapprochées l’une de l’autre que du bord de la tête. Premier segment de l’abdomen plus long, plus élevé ou aussi élevé et aussi large que le second, non atténué en avant.......................... 3

3.    Corps court, courbé, en général épineux. Abdomen globuleux;

le premier segment recouvre plus de la moitié de l’abdomen. Toutes les ☿ de même taille. Nymphes entourées d’un cocon.............................. Polyrhachis, Shuckard.

(1) Zeitschr. f. Wiss. Zool., Bd. xxx, Suppl. (1878).


FORMICIDES.                                                            9

Corps plus allongé, rarement courbé, sans épines. Abdomen ovale-allongé; le premier segment recouvre moins de la

moitié de l’abdomen. ☿ variable................. 4

4. Un soldat (♃ ) et une ouvrière distincts. Tête du soldat et de la femelle tronquée devant en biseau; celle de l’ouvrière

courte et obtuse. Nymphes nues................. Colobopsis, Mayr.

Une ☿ major à grosse tête et une ☿ minor à tête étroite et à corps grêle; des ☿ media intermédiaires. Tête non tronquée, ni obtuse devant. Nymphes entourées d’un cocon..................................... Camponotus, Mayr.

2e SOUS-FAMILLE: DOLICHODERIDAE, Forel(l).

Vessie à venin sans coussinet. Aiguillon rudimentaire, mais non transformé. Un seul article au pédicule. Abdomen sans rétrécissement. Ouverture du cloaque transversale, non ciliée, infère ou apicale. Nymphes nues. Corps en général plus ou moins mou.

Ouverture du cloaque apicale........................ Technomyrmex, Mayr.

Ouverture du cloaque infère........................ Tapinoma, Foerster.

3e SOUS-FAMILLE: PONERIDÆ, Lepeletier(2).

Vessie à venin sans coussinet. Aiguillon fort. Un seul article au pédicule. Abdomen proprement dit plus ou moins rétréci après le. premier segment. Nymphes toujours entourées d’un cocon. Corps en général dur.

Mandibules articulées à côté l’une de l’autre au milieu du bord antérieur de la tête, longues, parallèles, courbées

à l’extrémité et terminées par deux ou trois dents..... 1

Mandibules autrement conformées, articulées aux angles antérieurs de la tête............................. a

1.    Pédicule surmonté d’un cône qui se termine par une pointe

ou épine aiguë.............................. Odontomachus, Latreille.

Pédicule surmonté d’une écaille mutique ou bidentée..... Anochetus, Mayr.

2.    Mandibules droites, longues, étroites, dilatées plus ou moins

en spatule à leur extrémité, avec des denticulations recourbées à leur bord interne. Pédicule très large à sa face postérieure qui s'articule largement, comme un segment abdominal à la partie Supérieure du devant du premier Segment de l’abdomen proprement dit....... Mystrium, Roger.

(1) Zeitschr. für Wiss. Zool, Bel. xxx, Suppl. (1878). — (2) Hist. nat. des Insectes, Hyménoptères (1836).


10                                                   MADAGASCAR.

Mandibules très écartées, articulées tout a fait à l’angle latéral de la tête, très longues, très étroites, presque cylindriques, sans dents, courbées. Pédicule de forme ordinaire.................................. Leptogenys, Roger.

Mandibules aplaties, subtrigonales ou avec les bords parallèles, tronquées obliquement à l’extrémité Epistome en toit, produit en angle entre les articulations des antennes et en lobe triangulaire devant. Pédicule ordinaire ..................................... Lobopelta, Mayr.

Mandibules trigonales, à bord terminal tranchant, sans dents. Pédicule cubique, articulé au milieu de la face antérieure du premier segment abdominal. Antennes de onze articles. Yeux petits. Joues munies d’une carène. Parasyscia, Emery.

Mandibules trigonales, courtes, à bord terminal tranchant. Pédicule très large, aplati, biconvexe, à contour rectangulaire, sans nœud ni écaille. Abdomen profondément étranglé après son premier segment qui est presque nodiforme. Antennes de onze articles. Devant de la tête tronqué..................................... Simopone, n. g.

Mandibules trigonales, à bord terminal denté. Pédicule de forme ordinaire, articulé au bas de la face antérieure

du premier segment abdominal.................. 3

3. Premier segment de l’abdomen formant devant, en haut, de chaque côté, un angle protubérant. Epistome surmonté au milieu d’un disque élevé, avancé devant, bicaréné,

lancéolé derrière............................. Paltothyreus, Mayr.

Premier segment de l’abdomen arrondi. Epistome sans disque. 4 4. Taille grande ou moyenne. Suture méso-métanotale oblitérée. Thorax large, non étranglé. Pédicule surmonté d’un nœud ou d’une écaille très épaisse, aussi épaisse en haut qu’en bas. Occiput large, échancré en arc....... Bothroponera, Mayr.

Taille petite ou moyenne. Suture méso-métanotale distincte. Thorax plus ou moins rétréci au milieu. Pédicule surmonté d’une écaille ordinairement atténuée (amincie)

au sommet. Occiput ordinairement rétréci.......... Ponera, Latreille.

(Pédicule surmonté d’un nœud épais; taille grande. Euponera, n. subg. )

4e SOUS-FAMILLE: DORYLlDÆ, Shuckard1. Cette sous-famille est jusqu’ici inconnue à Madagascar.

1 Annals of Natural History (l84o).


FORMICIDES.                                                       11

5e SOUS-FAMILLE: MYRMICIDÆ, Lepeletier1.

Vessie à venin sans coussinet. Aiguillon fort ou faible, toujours distinct. Deux articles au pédicule, ce qui en donne un de moins à l’abdomen proprement dit. Nymphes toujours nues. Corps en général dur.

Arêtes frontales situées au bord de la tète.............. 1

Arêtes frontales situées vers le milieu de la face.......... 2

1. Yeux plus ou moins cachés sous les arêtes frontales et la rainure qui loge les scapes des antennes, au-dessous de

laquelle ils sont situés. Antennes de neuf articles..... Meranoplus, Smith.

Arêtes frontales (c'est-à-dire l’arête qui les continue) et rainure qui loge les scapes situées sous les yeux. Ces derniers situés comme d’ordinaire sur la face antérieure de la tête. Antennes de onze articles................. Cataulacus, Smith.

Second nœud du pédicule articulé sur le dos du premier segment abdominal. Abdomen cordiforme, pouvant être relevé jusque par-dessus la tête.................. Cremastogaster, Lund.

Second nœud du pédicule articulé devant le premier segment de l’abdomen............................... 3

3. Corps très allongé, filiforme. Épistome tronqué devant.... Sima, Roger. Corps de forme ordinaire. Epistome non tronqué......... 4

4. Un soldat à tête énorme, distinct de l’ouvrière. Massue des antennes composée de trois longs articles subégaux, beaucoup plus longs que les autres; elle est très distincte.

Antennes de douze articles...................... Pheidole, Westwood.

Pas de soldat. Massue des antennes autrement conformée... 5

5. Massue des antennes de deux longs articles, aussi longs que

le reste du funicule. Antennes de neuf articles....... Oligomyrmex, Mayr (♀ ).

Massue des antennes de deux longs articles. Epistome non

denté. Antennes de onze articles chez la ♀. Antennes

du ♂ très longues, filiformes, de treize articles...... Aeromyrma, n. g. (♀ et ♂ ).

Massue des antennes autrement conformée. Antennes de onze

ou de douze articles........................... 6

6. Bord postéro-latéral de l’épistome contourné et relevé entre les arêtes frontales et l’articulation des mandibules,

1 Histoire naturelle des Insectes, Hyménoptères (1836).


12                                                    MADAGASCAR.

formant une crête saillante qui limite antérieurement les fossettes antennaires. Souvent quatre épines au metathorax, deux métanotales et deux métasternales..... Tetramorium, Mayr.

Antennes de douze articles: sous-genre Tetramorium,

pr. dit. Antennes de onze articles: sous-genre Xiphomyrmex,

Forel.

Le bord postérieur latéral de l’épistome n'est ni contourné ni relevé en arête. Antennes de douze articles....... 7

7.   Les trois derniers articles réunis du funicule de l’antenne

plus courts que le reste du funicule moins son premier article. Tête rétrécie derrière en forme de cou (sous-genre Ischnomyrmex, Mayr).......................... Aphaenogaster, Mayr.

Les trois derniers articles réunis du funicule de l’antenne forment une massue plus longue que ie reste du funi-cule moins son premier article; ils sont très inégaux onde eux. Tête ordinaire....................... 8

8.   Second nœud du pédicule très large, au moins deux fois

large comme le premier. Métanotum avec deux dents ou

deux épines. Sculpture de la tête à grosses fossettes. . . Cardiocondyla, Einen.

Second nœud du pédicule de forme ordinaire. Métanotum

inerme. Sculpture autre........................ Monomorium, Ma\r.


DESCRIPTION

DES ESPÈCES, RACES ET VARIÉTÉS DE FOURMIS

TROUVÉES

À MADAGASCAR ET DANS LES ÎLES VOISINES.

I. SOUS-FAMILLE CAMPONOTIDÆ.

Un seul article au pédicule. Abdomen proprement dit sans rétrécissement. Nymphes ordinairement dans un cocon, parfois nues. Le gésier a un calice droit, recourbé ou réfléchi, mais toujours recouvert de forts muscles circulaires qui le séparent de la cavité du jabot.

Chez les ☿, ♀ et 4 : Glande à veine formant sur le dos de la vessie un coussinet aplati et ovale; tube sécréteur de la glande large dans le coussinet. Vessie à venin grande et ovale. Aiguillon transformé en un petit appareil rudimentaire servant à soutenir l’orifice du canal de sortie de la vessie. Acus renflés à l’extrémité. Vagina acuum transformé en une pièce transversale (sans pointe médiane). Orifice du cloaque petit, tubu-leux, apical, cilié. Pas de glandes anales.

Ie TRIBU : CAMPONOTII.

Gésier étroit, allongé, à calice droit ou un peu évasé antérieurement. Antennes de douze articles chez les ☿, les ♀ et les soldats, de treize chez les ♂. Fosse clypéale séparée de la fosse antennaire. L’insertion des antennes est éloignée de l’épistorne et située au bord externe des arêtes frontales (chez les genres malgaches). Ailes des 9 et des ♂ avec une cellule cubitale, sans cellule discoïdale.

Formicides.                                                                                                                          H


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Genre CAMPONOTUS.

CAMPONOTUS, Mayr, Europäische Formicide», (1861).

☿, 9 et ♂. Nymphes entourées d’un cocon. Deux sortes de ☿, les unes (☿ majores) à tête très grosse et à corps trapu, les autres (☿ minores) à tête petite et à corps grêle. Une série de formes intermédiaires relient ces deux types. Premier segment de l’abdomen environ de la même longueur que le second. La tête n'est pas tronquée antérieurement. Arêtes frontales recourbées en S. Palpes maxillaires de six, labiaux de quatre articles.

☿ et ♀. Abdomen ovale.

♂. Premier article du funicule des antennes à peine plus long que le second; valvules génitales extérieures en forme d’épines.

C'est le genre le plus considérable de tous les Formicides. Les espèces extremes diffèrent énormément les unes des autres par leur faciès, mais on trouve- entre elles toutes les transitions imaginables, ce qui a rendu impossible jusqu’ici la division de ce genre en coupes naturelles. Les Camponotus diffèrent des Polyrhachis et des Mayria par leur abdomen et par le dimorphisme partiel de l’ouvrière (voir ces genres). Le genre voisin Colobopsis se distingue par sa nymphe nue et par la présence d’un soldat à tête tronquée antérieurement. Le genre Echinopla a des palpes de cinq et quatre articles, et le genre Myrmecopsis de gros yeux atteignant les angles postérieurs de la tête. Chez le genre Rhinomyrmex, l’epistome forme une protubérance en forme de nez.

I. camponotus HILDEBRANDTI, Forel.

(Pl. III, (ig. 1, et pl. I, fig. 1, l’et ib.) Camponotus HILDEBRANDTI, Forel, Études myrmécoloipques en 1886.

☿ MINOR. Longueur 10 mill, à 10,5. Tête large devant d’à peine 1,6 et à son bord postérieur d’à peine o,5 mill., longue de 2,6 mill, (sans les mandibules). Longueur d’une antenne 8,7 mill., d’un tibia postérieur 4,0 à 4,2 mill. La tête ne commence guère à se rétrécir que derrière


FORMICIDES.                                                     15

les yeux. A partir de son bord articulaire qui a la largeur du devant du pronotum, elle s'élargit d’abord faiblement, puis fortement, mais elle n'a pas de rétrécissement colliforme comme chez le C. singularis. Elle est fort épaisse, très convexe en dessus et en dessous. Mandibules armées de six dents, a bord terminal court, à bord externe médiocrement courbé, luisantes, à ponctuation éparse bien marquée, faiblement mais nettement réticulées sur leur moitié basale. Epistome obtusément caréné, à lobe fort court et également arrondi (sans trace d’angles latéraux). Aire frontale très grande, occupant tout le bord postérieur de l’épistome, mais peu distincte. Thorax extrêmement étroit, presque cylindrique (faiblement élargi devant). Le mésonotum et la face basale du métanotum sont à peine convexes. Cette dernière est quatre à cinq fois longue comme la face déclive. Ecaille vue de côté conique, mais tronquée sur son tiers antérieur inférieur et fort étroite, plus longue que large. L’épaisseur de sa base est égale à sa hauteur. Elle est très atténuée en pointe mousse, mais sans être acuminée au sommet. Abdomen allongé, étroit. Les tibias ne sont pas prismatiques, mais faiblement aplatis.

Assez luisante, avec un éclat soyeux, métallique. Sculpture assez finement et assez faiblement réticulée sur le devant de la tête (y compris l’épistome et l’aire frontale), transversalement ridée sur le derrière et les côtés de la tête, sur le thorax et sur l’abdomen, circulairement ridée sur l’écaille, réticulée-ridée sur les pattes et le dessous de la tête. La ponctuation éparse piligère est petite et effacée partout. Tout le corps assez abondamment et régulièrement couvert d’une pubescence espacée très longue, d’un blanc un peu jaunâtre. Cette pubescence est trop espacée pour former duvet; elle n'est entièrement ou presque entièrement couchée que sur l’abdomen. Partout ailleurs, elle est obliquement soulevée, en particulier sur le thorax, les tibias et les scapes. Sur les tibias et sur les scapes, elle est plus courte, et fort abondante sur ces derniers où elle est très soulevée et forme le passage à la pilosité entièrement dressée. Cette dernière est très éparse, longue, jaune-blanchâtre, nulle sur les tibias et sur les scapes, surtout marquée sur l’abdomen, le front, le vertex et au milieu du pronotum, derrière. Les tibias n'ont pas de piquants.

3.


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Noir; coude des antennes, genoux, extrémité des hanches et métatarses d’un jaune blanchâtre; tiers périphérique des mandibules rou-geâtre.

La forme aussi bien que la sculpture du thorax rappellent celles des Odontomachus, en particulier de l’O. chelifer, mais les rides sont beaucoup plus fines.

♀. Longueur environ 13 mill. Petite relativement à la ☿ minor, avec laquelle elle a de grands rapports. Tête à peine élargie derrière, longue de 3 mill, (sans les mandibules) et large de 2,1 mill. Pattes et antennes longues et grêles. Ecaille très élevée, fortement rétrécie, presque acu-minée à son sommet (ce qui est très rare chez les femelles de Camponotus). Carène de l’épistome un peu plus forte que chez la ☿ minor. Lobe de l’épistome extrêmement court et entièrement arrondi, comme chez la ☿ minor. Sculpture, pubescence, pilosité et couleur exactement comme chez la ☿ minor, mais le dessus du mésonotum est assez fortement réticulé et peu luisant, tandis que l’écusson est très faiblement réticulé et très luisant. La pubescence est très éparse sur le mésonotum et sur l’écusson.

Pays des Betsileo (récoltée par Hildebrandt, Musée de Berlin); Ime-rina (Rév. Père Gamboué et M. Sikora).

Cette espèce ressemble aux C. Lespesii, Forel, et C. longipes, Gerstäcker, et se rapproche du groupe maculatus. Elle est facile à distinguer par ses genoux, ses métatarses et ses coudes blanchâtres, tandis que le reste est noir, par sa sculpture, sa pubescence et sa taille grêle.

a. CAMPONOTUS dufouri, n. sp. (Pl. I, fig. 9, a", a\ ac et ad.)

☿ MAJOR. Longueur 13 à 15 mill. Tête large de 3,1 mill., longue (sans les mandibules) de 4 mill. Longueur d’un scape 4,2, d’un tibia postérieur 5,1 mill. Forme générale élancée et mince des C. Lespesii, Forel, C. Hildebrandti, Forel, C. longipes, Gerstäcker, etc. La tête est en forme de trapèze allongé, à grande base derrière et petite base devant.


FORMICIDES.                                                     17

Ses côtés sont rectilignes (sauf vers l’angle postérieur), un peu comprimés derrière l’angle antérieur; son bord postérieur est fortement excavé. Mandibules rapprochées, assez allongées, à bord extérieur assez convexe vers son tiers antérieur, armées de sept à huit dents. Leur moitié apicale est lisse, luisante, à points très épars; leur moitié basale très finement et densément coriacée du striée-ridée. Epistome caréné, avec un lobe antérieur bien développé, rectangulaire, a côtés excavés et à angles antérieurs proéminents. Arêtes frontales rapprochées, peu divergentes. Aire frontale indistincte. Yeux aussi rapprochés de l’angle antérieur que de l’angle postérieur de la tête.

Thorax très étroit, très allongé, à dos faiblement et également convexe d’un bout à l’autre. C'est à peine si la face déclive du métanotum qui est très courte est marquée par une déclivité un peu plus forte que celle de la moitié postérieure de la face basale.

Écaille conique, très épaisse à sa base, distinctement acuminée au sommet, plus haute que large et qu’épaisse. Sa face postérieure est presque plane, sa face antérieure brisée, composée d’une portion basale courte, presque verticale, et d’une portion supérieure oblique. Abdomen ovale-allongé.

Pattes et antennes extrêmement grêles et longues. Tibias assez aplatis en un sens, mais non prismatiques, avec quatre ou cinq piquants à leur extrémité seulement (autour de l’éperon).

Tête finement mais assez fortement réticulée, presque mate, sauf l’épistome et la face inférieure qui sont subluisants. Thorax assez finement mais assez irrégulièrement et fortement ridé en travers, presque mat. Abdomen et écaille finement et plus faiblement ridés en travers, assez luisants. La ponctuation superposée piligère est très faible et très espacée ou nulle, sauf sur le devant de la tête où elle est distincte sans être forte.

Tout le corps est recouvert d’une pubescence fort espacée, mais assez grossière, fort courte sur l’abdomen, plutôt longue sur le thorax, un peu soulevée, d’un jaune brunâtre. La pilosité dressée est éparse, longue, grossière, brunâtre, fine et courte sur le devant de la tête. Les tibias et


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surtout les scapes sont couverts d’une pilosité abondante, fine, oblique, très courte et jaunâtre.

Tête et scapes d’un noir à peine brunâtre. Thorax et mandibules d’un noir brunâtre. Abdomen d’un brun noirâtre. Tarses d’un brun foncé.

r

Ecaille, tibias, funicules et extrémité des cuisses bruns. Hanches et base des cuisses jaunâtres. Segments abdominaux largement bordés de jaunâtre.

☿ MINOR. Longueur 1o à 12 mill. Chez la ☿ minima, la tête (sans les mandibules) est longue de 2,5 mill, et large en avant de 1,3 mill., en arrière d’à peine 0,3 mill.; le scape est long de 3,8 mill., le tibia postérieur de 4,8 mill. Elle est encore plus élancée que la ☿ minor du C. Hildebrandti dont elle se distingue tout à fait par la forme de sa tête. Celle-ci va se rétrécissant régulièrement en triangle isocèle allongé des angles antérieurs au cou très étroit qu’elle forme en arrière; ses côtés sont presque droits. Elle est bien moins épaisse et moins convexe, sa face inférieure à peine convexe. Epistome distinctement caréné, avec un lobe antérieur rectangulaire à angles latéraux très marqués. L’écaille est plus épaisse et beaucoup plus haute que chez le C. Hildebrandti, si fortement acu-minée que son sommet forme une pointe rappelant celle des Odontomachus, quoique bien plus courte et plus obtuse. Cette pointe ressemble beaucoup à celle du métanotum du Dorymyrmex pyramicus. Chez le C. Hildebrandti, il n'y a pas de pointe semblable. Du reste comme la ☿ major, mais les mandibules n'ont que six dents.

Tamatave et forêts d’Alahakato (M. Perrot); bois situé à 3o milles au Nord-Ouest de Tamatave (M. O’Swald, Musée de Hambourg).

Des ☿ récoltées dans l’Imerina par M. Sikora se distinguent par leur petite taille (☿ major 1 1 mill.), par leur sculpture beaucoup plus faible (ce qui les rend luisantes), par leur pilosité bien plus rare et par leur écaille moins acuminée. Appelons-les var. imerinensis.

9. (Var. imerinensis) : Longueur 15 mill. Longueur d’un scape 3,5, d’un tibia postérieur 4,3 mill. Comme l’ouvrière. Mandibules entièrement lisses et luisantes, à points très épars, armées de sept dents. Les yeux sont plus rapprochés des angles postérieurs de la tête. La stature est


FORMICIDES.                                                     19

beaucoup moins grêle que celle de la ☿. Ecaille haute, épaisse, étroite, à bord supérieur très étroit et cependant échancré au milieu. Pattes bien plus courtes que chez la ☿.

Très luisante; thorax et abdomen très luisants, très faiblement ridés. Tête semi-luisante avec la même sculpture que chez la ☿, mais plus faible. Les couleurs sont réparties comme chez la ☿, mais les côtés du thorax, le postscutellum et le devant du front sont brunâtres, tandis que l’abdomen est plus foncé, d’un noir brun. La pubescence est extrêmement éparse et extrêmement courte sur le thorax et l’abdomen, beaucoup plus longue et plus forte sur la tête. Du reste identique à l’ouvrière de la variété C. imerinensis.

Environs d’Antananarivö (Rév. Père Gamboué).

Je dois la communication de la première ☿ de cette espèce à mon ami le professeur Emery. Elle est assez voisine du C. Hildebrandti, mais la ☿ minor présente des différences foncières dans la forme de la tête et de l’épistome. La forme de la tête des 9 est aussi fort différente, ce qui fait présumer qu’une différence analogue existe chez les ☿ major. Si c'est le cas, la tête de ces dernières sera à peine élargie derrière chez le C. Hildebrandti. La pubescence beaucoup plus courte et plus espacée chez le C. Dufouri, la couleur entièrement différente des deux formes et la sculpture qui, chez le C. Hildebrandti, est plus régulièrement et plus fortement ridée, presque striée transversalement (rappelant les Odontomachus), constituent encore des différences importantes. Enfin le C. Hildebrandti a un éclat métallique qui fait absolument défaut au C. Dufouri. Le C. Dufouri est surtout parent du C. dorycus des îles de la Sonde.

3. CAMPONOTUS CERVICALIS, Roger. (Pl. I, fig. 3 et 3a)

Camponotus cERvicALIs, Roger, Berliner entomologische Zeitschrift (I863).

☿ MAJor. Longueur 1 4 à 1 5 mill. Très rapproché du C. Dufouri, mais stature beaucoup plus robuste. Tête large de 4,2, longue (sans les mandibules) de 4,5 mill. Longueur d’un scape 4,6, d’un tibia postérieur


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5,3 mill. Forme générale des grandes races du C. maculatus, en particulier du C.Pompejus, mais un peu plus élancé. Mandibules grandes, armées de sept larges dents, à bord externe fortement courbé un peu avant son tiers antérieur, très finement chagrinées, a reflet un peu soyeux, avec des points enfoncés épars allongés et quelques grosses stries courtes derrière les dents. Tête fortement excavée derrière, à cotés à peine convexes, avec sa largeur maximum aux angles postérieurs. Epistome faiblement ou à peine caréné, à lobe antérieur presque rectangulaire (un peu élargi devant). Aire frontale large, très courte, peu distincte. Thorax comme chez le C. maculatus. Convexité du métanotum absolument uniforme, sans trace de distinction entre une face basale et une face déclive. Ecaille épaisse à sa base, un peu biconvexe, faiblement conique, avec une surface tronquée devant en bas, tranchante à son bord supérieur. Vue de derrière, elle est ovale. Pattes grandes et fortes. Tibias assez comprimés, subprismatiques, avec quatre ou cinq piquants à leur extrémité seulement (autour de l’éperon).

Tête finement réticulée et semi-luisante. Les fosses antennaires, le front et le vertex sont finement et densement réticulés-ponctués et presque mats. Thorax finement réticulé-ridé transversalement et assez luisant, de même que l’écaille, l’abdomen et les pattes. La ponctuation éparse superposée est très espacée et effacée sur le devant de la tête, presque nulle ailleurs.

Pubescence jaunâtre, très courte, très fine et assez espacée partout. D'assez longs poils d’un jaune brunâtre parsemés un peu partout, plus courts sur les joues. Il y en a une rangée autour de l’écaille. Les tibias et les scapes ont une pilosité fine, courte, oblique, assez abondante, jaunâtre.

D'un brun jaunâtre, testacé. Dessus de la tête (sauf les angles postérieurs), mandibules, tarses et une bande étroite transversale très indistincte vers le bord postérieur de chaque segment abdominal d’un brun foncé. Scapes d’un noir brunâtre. Tibias plus foncés que les cuisses.

☿ MINOR. Longueur 9,5 à 12 mill. Tête (☿ minima) large de 1,5, longue de 2,8 mill, (sans les mandibules). Longueur d’un scape 3,7,


FORMICIDES.                                                      21

d’un tibia postérieur 4, 3 mill. Très grêle. Mandibules armées de six dents, à bord extérieur plus faiblement courbé vers son quart antérieur, très faiblement et finement chagrinées et faiblement ponctuées; leur bord terminal n'est pas plus long que le bord interne et beaucoup plus court que le bord externe. Tête très étroite, ayant son maximum de largeur au bord antérieur, fortement rétrécie en arrière, surtout derrière les yeux. Occiput très étroit, presque colliforme, aussi étroit que l’extrémité antérieure du pronotum. Vue de côté, la tête est aussi tout à fait amincie en arrière et a son épaisseur maximum au milieu des arêtes frontales. Les yeux sont aussi éloignés du bord postérieur que du bord antérieur de la tête. Epistome a peine subcaréné, à lobe antérieur rectangulaire, arrondi. Écaille, vue de côté, conique, épaisse à sa base, plus épaisse que large, mais bien moins épaisse que chez le C. Dufouri, presque acuminée au sommet. Tibias grêles, presque arrondis, un peu comprimés.

Finement ridée-réticulée et luisante partout. Pubescence et pilosité comme chez la ☿ major, mais l’écaille n'a que trois ou quatre poils.

D'un jaune testacé pâle, parfois un peu brunâtre; tarses, scapes et mandibules, surtout les dents et souvent quelques nuages transversaux sur l’abdomen plus ou moins brunâtres.

♀. Longueur environ 17 mill. Caractères de la ☿ major. Mandibules beaucoup plus petites, plus courtes, plus fortement ponctuées, à bord externe beaucoup moins courbé. Mésonotum finement réticulé, luisant. Bandes brunes de l’abdomen plus larges et plus distinctes. Tibias se rapprochant de la forme prismatique, cannelés sur leurs faces comprimées. Du reste identique à la ☿ major. Les ailes manquent.

♂. Longueur 11 mill. Comme la ☿ et la ♀, et exactement de la même couleur testacée. Bandes brunâtres de l’abdomen bien visibles. Lobe de l’épistome très distinct, en forme de trapèze. Tête très rétrécie derrière les yeux. Sur le devant du mésonotum, un grand nombre de petites lignes coupées, transversales, brunâtres, courtes, régulièrement espacées, qui lui donnent un aspect tigré. Écaille conique, échancrée au sommet. Ailes grandes, avec une apparence de teinte jaunâtre; nervures pâles.

Formicides.                                                                                                                       4

NATIONALE.


22                                                    MADAGASCAR.

Madagascar (☿ minor, Roger); forêts de l’Est (☿ major et minor, M. Humblot); Nosibé (♀ récoltée par M. Réveillé, que je dois à l’obligeance de M. Emery); Nosibé (♂ du Musée de Hambourg) (M. O’Swald).

4. CAMPONOTUS EGREGIUS, Smith.

CAMPONOTUS egregius, Smith, Catalogue of the British Museum (1858).

CAMPONOTUS PRISMATICUS, Mayr, Zool. und Bot. Gesellsch. zu Wien (1862) (?), d’après Roger.

CAMPONOTUS egregius, race Gouldi, Forel, Bulletin de la Soc. entomol. de Belgique (1886).

☿ Major. Longueur 16 à 17, 2 mill. Taille élancée. Caractères généraux du C. maculatus, mais plus grand, entièrement, finement et dense-

ment réticulé-ponctué et mat. Pattes fortes et longues. Tibias et tarses prismatiques et cannelés. Les scapes dépassent le bord postérieur de la tête de la moitié de leur longueur ou peu s'en faut. Les cuisses des pattes postérieures sont longues d’environ 7 mill. Ecaille très épaisse à sa base. Vue de côté, elle est conique. Les bords latéraux du lobe de l’épistome sont fortement excavés. Le C. egregius i. sp. est du Brésil.

Race C. Gouldi, Forel, ☿ major. Longueur 17, 2 mill. Tête large de 4, 7, longue (sans les mandibules) de 5, 1 mill., plus élargie et plus excavée derrière que chez le C. egregius i. sp. Longueur d’un scape 4, 5 mill. (6 mill. chez le C. egregius), d’un tibia postérieur 5, 8 mill. Mandibules très grandes, à bord externe fortement courbé, armées de six larges dents dont les cinq postérieures assez obtuses, subopaques, finement réticulées-ponctuées, avec de gros points enfoncés épars, quelques stries devant et une pilosité fauve. Epistome fortement caréné à grand lobe antérieur. Thorax assez étroit, voûté jusqu’au tiers antérieur du mésonotum, presque droit de là à la face déclive du métanotum. Un petit écusson entre le mésonotum et le métanotum. Écaille haute, étroite, cunéiforme, épaisse à sa base, tranchante à son bord supérieur qui est presque droit (transversal). La hauteur de l’écaille est le double de l’épaisseur de sa base (chez le C. egregius i. sp., elle est aussi épaisse à sa base que haute). Face basale du métanotum longue comme une fois et demie la face déclive (deux fois longue comme la face déclive chez le C. egregius i. sp. ). Abdomen assez petit et court.


FORMICIDES.                                                      23

Tout le corps, y compris les pattes, densément réticulé-ponctué et mat ou d’éclat un peu soyeux. Le fond des réticulations est coriacé. Ponctuation superposée régulière et peu profonde sur l’épistome et les joues, effacée et dispersée ailleurs. Scapes finement coriacés à ponctuation superposée abondante.

Pubescence très espacée, très courte et très fine. Pilosité dressée très dispersée, fauve, presque limitée aux mandibules et au dessous de l’abdomen. Scapes et tibias sans poils dressés, ces derniers avec quelques piquants robustes.

Noir; funicules, anneaux fémoraux, base des scapes et des fémurs d’un rouge un peu châtain. Bord postérieur des segments abdominaux d’un brun jaunâtre. Angles postérieurs de la tête, pattes et lobe de l’épistome d’un brun châtain.

Moins élancé, plus robuste que le C. longipes (Gerstäcker) et même que le C. egregius i. sp., le C. Gouldi se rapproche beaucoup des grandes races du C. maculatus, telles que les C. Brutus, Forel, C. Pompejus, Forel, C. cognatus, Smith, et C. compressus, Fabricius. Ce dernier se distingue par ses pattes et ses antennes beaucoup plus faibles et plus courtes, par sa tête à côtés très convexes, par son écaille mince, etc.

Madagascar (M. Grandidier).

5. camponotus MACULATUS, Fabricius (Forel, sens. extens. ).

FORMICA MACULATA, Fabricius, Spec. Insect., 1. I (1781) (race maculatus i. sp. ). Camponotus maculatus, sens. extens.

Formica sylvatica, Olivier, Encyclopédie méthodique (1791) (race SYLVATICUS). CAMPONOTUS SYLVATICUS, Forel, Fourmis de la Suisse (1874) et Études myrmécol. en 18 jg. CAMPONOTUS SYLVATICUS, Mayr, Fourmis du Turkestan (1877) (sens. extens. ). FORMICA rubripes, Latreille, Histoire naturelle des Fourmis (1802) (race RUBRIPES). FORMICA BARBARA, Drury, Illustr. of Natural History (1770) [nec Linné] (race RUBRIPES). CAMPONOTUS RUBRIPES, Roger, Berl. entomol. Zeitschrift (1863) (race RUBRIPES). CAMPONOTUS RUBRIPES, Forel, Annales de la Société entomologique de Belgique, t. XXX; Études

myrmécologiques en 1886; Bulletin de la Société entomologique de Belgique ( 1890), elc. CAMPONOTUS RUBRIPES, Emery, Ann. Mus. civ. Genov. (1889) (sens. extens. ).

Race Camponotus maculatus i. sp., Fabricius, Spec. Insect.; Mant. Insect.; Entomol. syst. .. = Formica maculata, Fabricius, l. c.


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= Camponotus maculatus, Mayr, Verh. Zool. und Bot. Gesellsch. zu Wien (1862). = Formica carinata, Brullé, Histoire naturelle des îles Canaries (1839). Race Camponotus Hagensii, Forel, Études myrmécologiques en 1886. Race Camponotus Radamœ, Forel, n. st.

var. mixtellus, Forel, n. var.

var. hovoides, Forel, n. var. Race Camponotus hova, Forel, n. st. = Camponotus rubripes, var. hova, Forel, Annales de la Société entomologique de Belgique,

t. XXX (1886), p. 15o. Race Camponotus Boivini, Forel, n. st.

M. Emery a montré dernièrement que le nom de rubripes n'a jamais été employé par Drury, qui croyait avoir affaire à la Formica barbara de Linné, mais seulement par Latreille; l’erreur provient de Roger, et j'ai eu le tort de le suivre sans consulter l’original qui n'était pas à ma portée. L’espèce ou groupe doit donc prendre le nom de maculatus, qui est le plus ancien. La synonymie ci-dessus ne comprend que les races de Madagascar.

Les innombrables races et variétés de cette espèce (ou plutôt de ce groupe de races) répandue dans le monde entier nécessitent une définition générale.

Caractères communs à toutes les races du C. maculatus ☿.

La taille varie entre 4, 5 et 12 mill. chez la ☿ minor, entre 8 et 1 6 mill. chez la ☿ major. La ☿ minor est toujours fort grêle, avec la tête étroite, souvent rétrécie, parfois à peine rétrécie derrière. La ☿ major est en général élancée, mais sa tête est grande, triangulaire, plus ou moins élargie et échancrée derrière (souvent fortement). Les mandibules sont grandes; leur bord terminal est long (surtout chez les ☿ major) et muni de six à sept dents. l’épistome est toujours entier, caréné et prolongé devant, au milieu, en lobe rectangulaire (sauf chez les formes qui sortent de l’espèce pour passer au groupe herculeanus et à d’autres groupes non encore définis). Le thorax est toujours simple, également voûté d’avant en arrière et de droite à gauche, sans échancrure, jamais bordé ni denté où que ce soit, élargi devant, rétréci derrière. Cependant la face basale du métanotum est souvent presque droite d’avant en arrière, et parfois


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même, chez certains C. sylvaticus et C. aethiops, elle présente, vue de profil, une apparence de concavité. Écaille variable, en général ovale, souvent acuminée, presque jamais fort épaisse, presque jamais échancrée. Abdomen ovale, jamais globuleux. Les pattes et les antennes sont grêles ou assez grêles.

La pilosité et la pubescence, quoique assez variables, sont toujours espacées. La pubescence ne forme jamais duvet. Les tibias et les scapes n'ont que des poils couchés ou tout au plus obliques, jamais hérissés.

La sculpture varie de faibles réticulations ou rides qui n'empêchent pas un fort éclat et sont parfois à peine perceptibles à une dense ponctuation réticulaire qui rend l’insecte mat, se trouve surtout sur la tête des ☿ major, mais peut de là s'étendre au thorax et même commencer à apparaître entre les rides de l’abdomen. Cette sculpture constitue chez les grandes races noires et mates l’un des passages au C. egregius. En outre, de gros points enfoncés épars qu’on trouve surtout sur les mandibules et le devant de la tête des ☿ major peuvent s'étendre de là à une partie du corps. La sculpture de l’abdomen est presque toujours transversalement ridée, mais très variable d’intensité.

Quant à la couleur, elle varie du jaune clair par le rouge et le brun au noir foncé et de l’uniformité la plus complète aux mouchetures, taches, bandes, semi-divisions antéro-postérieure et dorso-ventrale les plus variées.

Caractères variables du Camponotus maculatus. — Nous venons déjà d’en voir un certain nombre en indiquant ce qui est constant. La forme générale peut varier. Certaines races sont plus massives et plus robustes, surtout celles qui tendent vers le C. herculeanus, ainsi le C. Mac-Cooki, mais aussi d’autres, ainsi le C. Solon; d’autres sont au contraire particulièrement grêles et étroites, surtout celles qui tendent vers le C. sexguttatus, ainsi que le C. maculatus. La tête des ☿ minor varie selon qu’elle est très allongée, élargie devant et fort rétrécie derrière (C maculatus, C. Novœ Hollandiœ), ou bien plus faiblement (C sylvaticus, C. cognatus), ou bien presque pas (C œthiops, C. pallens, C. Mac-Cooki). La forme des mandibules varie beaucoup. Chez les ☿ major du C. com-


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pressus, elles sont très grandes et comme chez le C. egregius: le bord terminal est très long; les dents sont très larges, et le bord externe est peu courbé, de sorte que les mandibules sont longues et pointues. Chez le C. Solon ☿ major, elles sont grandes aussi, mais moins larges à leur base et plus larges vers leur extrémité (comme chez les C. Kubaryi et C. pallidus); leur bord externe est fortement courbé, surtout vers l’extrémité, et la dent terminale est dirigée perpendiculairement à la ligne médiane du corps. Chez le C. Mac-Cooki, elles sont bien plus petites.

Le lobe de l’épistome, qui est tantôt plus court, tantôt plus long, a ses deux bords latéraux généralement parallèles chez les ☿ major, arrondis et convergents en avant chez les ☿ minor. Mais chez les ☿ major des C. compressus et C. indianus, ces deux bords sont concaves et presque terminés par une dent, comme chez le C. egregius, tandis qu’au contraire, chez celles des C. Mac-Cooki et C. picipes, ils sont convergents et terminés antérieurement par un angle fort obtus.

La forme prismatique et comprimée des pattes, en particulier des tibias, chez le C. egregius (C. prismaticus, Mayr), se retrouve chez une partie des races du C. maculatus, mais jamais les tibias n'y sont aussi plats et aussi larges que chez le C. egregius. Par contre, ils sont parfois tout aussi anguleux, si ce n'est plus; seulement les quatre pans du prisme sont bien moins inégaux.

Ainsi les tibias sont primastiques chez les C. compressus et C. maculatus ☿ major et souvent ou presque toujours chez la ☿ minor, puis chez le C. sylvaticus et le C. mitis ☿ major. Par contre, ils ont une forme intermédiaire entre la forme prismatique et la forme arrondie chez le C. sylvaticus i. sp. et le C. mitis ☿ minor, chez les C. Novœ Hollandiœ, C. indianus, C. guatemalensis, C. picipes et C. Mac-Cooki ☿ major et minor. Enfin leur forme est assez ordinaire ou arrondie chez les C. œthiops, C. pallens, C. simillimus et C. Solon. Les tibias prismatiques sont tantôt plus, tantôt moins cannelés longitudinalement entre les angles, et accompagnés de cuisses et de tarses plus ou moins prismatiques ou aplatis aussi.

Les gros piquants du bord interne des tibias et du premier article des


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tarses sont aussi très variables et surtout abondants chez les grands individus.

Les variations dans la forme de l’écaille sont très irrégulières.

La sculpture très faiblement réticulée et ridée chez le C. pallens qui est très luisant partout est au contraire densément ponctuée chez le C. compressus qui est mat; mais, sur le thorax et l’abdomen, la ponctuation du C. compressus passe à de denses rides transversales.

Quant à la taille, à la pilosité et à la couleur, nous avons déjà indiqué les limites dans lesquelles elles varient.

Voici les formes représentées à Madagascar.

lre RACE: CAMPONOTUS HAGENSII, Forel.

☿ MAJOR. Longueur 7, 5 à 8, 5 mill. Stature encore plus ramassée que celle du C. œthiops, auquel cette race ressemble à divers égards. Tête longue (sans les mandibules) de 2, 8 mill. au milieu et large de 2, 6 mill., assez échancrée derrière, à côtés très convexes. Mandibules moyennes, armées de six dents assez obtuses. Leur bord externe est fortement courbé vers l’extrémité; la ponctuation espacée est bien accentuée et elles sont du reste finement réticulées et un peu mates vers leur base. L’épistome est moins fortement caréné que chez le C. œthiops. Son lobe antérieur est plus court, un peu trapéziforme. Les côtés de ce lobe sont légèrement obliques, convergeant faiblement en avant; le bord antérieur est droit ou un peu concave, faiblement crénelé (comme chez le C. aethiops). Tête, y compris l’aire frontale, réticulé-ponctuée et mate dessus, plus faiblement réticulée et un peu luisante dessous. La grosse ponctuation superposée est très grossière, irrégulière et souvent un peu allongée sur le front et l’épistome, plus fine et plus effacée, portant un très petit poil couché sur les joues et les côtés de la tête, tout à fait effacée ou nulle sur le reste de la tête et du corps.

Thorax également voûté. La face basale du métanotum distinctement convexe longitudinalement, presque double de la face déclive. Ecaille épaisse, à peine amincie au sommet, à bord supérieur large et presque


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droit (un peu convexe). Vue de derrière, elle forme un rectangle arrondi. Le thorax et l’écaille sont médiocrement luisants, réticulés, les réticulations s'accentuant en rides transversales, surtout sur la face déclive du métanotum et sur l’écaille. L’abdomen est luisant, faiblement ridé transversalement. Les scapes dépassent faiblement le bord postérieur de la tête. Antennes longues de 5, 3 mill., tibias postérieurs de 2, 2 mill. Les pattes et les antennes sont plutôt courtes. Les tibias sont faiblement déprimés, mais arrondis et nullement prismatiques ni cannelés.

Tout le corps, y compris les pattes et les antennes, faiblement pourvu d’une très fine pubescence couchée fort éparse, mais régulièrement espacée. Les tibias n'ont pas de pilosité dressée, sauf une rangée de poils fins, courts et obliques à leur bord interne. Pilosité dressée, d’un jaune roussâtre, fort éparse sur tout le corps. Sur les cuisses, les joues et l’écaille, elle est à peu près nulle (parfois un poil).

Tête, abdomen et scapes noirâtres. Mandibules d’un rouge châtain foncé. Funicules, thorax et pattes d’un rouge vineux un peu roussâtre. Les tibias sont plus foncés et les métatarses, sauf leur extrémité, sont d’un noir brunâtre. Lisière postérieure des segments abdominaux d’un jaunâtre brillant.

☿ minor et media. Longueur 6 à 7, 5 mill. Tête assez rectangulaire, aussi large derrière que devant, même chez les plus petites ☿, à côtés peu convexes, presque parallèles. L’épistome est voûté, faiblement caréné, à lobe antérieur plus rectangulaire que chez la ☿ major. Les mandibules ont aussi six dents. Sculpture de la tête plus faible. Écaille plus basse que chez la ☿ major, aussi épaisse ou peu s'en faut à son bord supérieur qu’à sa base. Couleur de la ☿ major, mais plus diffuse sur les pattes et les antennes. Du reste comme la ☿ major.

Centre de Madagascar (récoltée par Hildebrandt [Musée de Berlin] et par M. Sikora).

Cette race touche au groupe ou aux espèces C. herculeanus, C. vicinus, etc. Mais, d’un autre côté, elle est très voisine du C. quadrimaculatus, et ce n'est pas sans hésitation que je la rattache au groupe C. maculatus. Peut-être eût-il mieux valu en faire une espèce distincte.


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2e RACE: CAMPONOTUS MACULATUS i. sp., Fabricius.

☿ MAJOR. Longueur 9, 5 à 12 mill. Mayr indique un maximum de 1 6 mill., mais confond évidemment avec d’autres races. Stature svelte. Tête des ☿ maxima grande; thorax fort étroit. Mandibules armées de sept dents relativement petites, à bord externe médiocrement courbé, densément et très finement réticulées-ridées, avec beaucoup de gros points enfoncés et un éclat soyeux. Tête largement échancrée derrière. Chez les ☿ maxima, elle est très élargie derrière (large de 3, 5, longue de 3, 9 mill. ) et a les côtés peu convexes. Mais il y a beaucoup de ☿ major ou submajor chez lesquelles les angles postérieurs de la tête sont rétrécis et les côtés très convexes, de sorte que la tête, quoique aussi excavée, est plus ovale et bien moins élargie derrière. Epistome fortement caréné, à lobe antérieur rectangulaire, très distinctement crénelé à son bord antérieur, avec un poil partant de chaque créneau. Aire frontale très distincte. Arêtes frontales longues, très courbées, fortement rapprochées à leur extrémité postérieure. Yeux situés très en arrière (presque au tiers postérieur de la tête). Le thorax se distingue, outre son étroitesse, par la présence constante d’un scutellum très distinct, dont la largeur n'est presque jamais double de la longueur (chez les autres races, le scutellum fait défaut ou est indistinct, beaucoup plus court et plus large). Le métanotum extrêmement étroit laisse reconnaître une face déclive qui est longue comme les â/5 ou les 3/5 de la face basale. Écaille assez épaisse à la base, beaucoup plus convexe devant que derrière, plus haute que large. Abdomen plutôt petit. Tibias assez fortement comprimés, mais non prismatiques et non cannelés (parfois une apparence d’angles arrondis).

Sculpture réticulée-ponctuée sur la tête qui est mate ou presque mate, transversalement ridée ailleurs. Le thorax et l’abdomen sont souvent mats ou subluisants, parfois luisants. La ponctuation superposée est abondante et distincte sur la tête, effacée sur le thorax, nulle sur l’abdomen.

La pubescence est absolument adjacente partout, si l’on excepte une rangée de petits poils piquants obliques faibles au bord interne des tibias.

Formicides.                                                                                                                         5


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La pilosité dressée est fort éparse, brune, absolument nulle sur les joues. Les poils sont assez forts. Il y en a quelques-uns sur le dos du corps.

Couleur noire mêlée de jaune. C'est toujours l’abdomen (moins les taches), puis le dessus de la tête et du thorax, les scapes et l’extrémité des pattes qui sont noirs ou deviennent de plus en plus noirs dans les passages de la ☿ minor à la ☿ major. Ces parties noires peuvent devenir roussâtres dans les variétés claires. L’abdomen a en général une rangée de taches jaunes de chaque côté. Ces taches sont d’ordinaire plus ou moins triangulaires avec la base devant et la pointe derrière, une sur chaque segment. Le dessous du premier segment est en général jaunâtre. Chez les individus foncés, les taches des derniers segments disparaissent. Chez les individus clairs, les taches confluent à leur bord antérieur et postérieur, ce qui forme deux bandes jaunes longitudinales; dans ce cas, le dessous de l’abdomen est jaune. Mais toujours, chez la ☿ major, il demeure au milieu au moins une large bande longitudinale noire ou brune.

☿ Minor. Longueur 6, 5 à 8, 5 mill., très grêle. Mandibules armées de six dents, faiblement et très finement réticulées. Tête très étroite et allongée en général avec son maximum de largeur au bord antérieur; mais le rétrécissement en arrière est progressif, n'est pas très considérable et peut même être faible. Chez les ☿ minima, la tête est large de 1, 25 et longue de 2 mill. Même chez la ☿ minima, le bord postérieur très étroit de la tête est un peu concave. Yeux situés près du tiers postérieur de la tête. Epistome faiblement caréné, à lobe assez arrondi. Face déclive du métanotum très courte. Pas de scutellum. Écaille basse, conique, aussi épaisse que haute. Tibias à peine comprimés.

Luisante partout. Sculpture beaucoup plus faible que chez la ☿ major, réticulée-ridée sur la tête.

Couleur entièrement jaune avec une bande noire ou brune au milieu et une de chaque côté de l’abdomen. Parfois, mais rarement, entièrement jaune.

Chez les ☿ media qui sont peu abondantes chez cette race, on trouve toutes les transitions de couleur, etc.


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♀. Longueur 1 2 à 1 4 mill. Assez étroite et allongée. Ailes légèrement enfumées de brun jaunâtre. Nervures brunes, assez pâles. Du reste identique à la ☿ major avec les particularités du sexe. C'est aussi le dos du thorax qui est seul noir ou brun. Écaille entière. Tibias faiblement comprimés. Tête de la largeur du thorax. Mésonotum réticulé-ponctué.

♂. Longueur 7, 7 à 8, 5 mill. D'un brun jaunâtre un peu ferrugineux. Abdomen brun foncé ou avec de larges bandes transversales peu distinctes, d’un brun foncé sur chaque segment ou entièrement jaunâtre. Scapes, tibias, tarses et souvent les mandibules ainsi qu’une tache sur le vertex et le front brunâtres. Tête et mésonotum réticulés-ponctués et assez mats. Ailes comme chez la ♀. Pilosité et pubescence comme chez la ♀ et la ☿ (Mayr fait erreur en indiquant une pilosité sur les tibias; il n'y a que la rangée de poils piquants très faibles au bord interne). Les poils sont plus fins que chez la ☿ et la ♀. Mandibules sans dents. Écaille très basse, largement échancrée en dessus.

Nosibé (Dr Keller, M. O’Swald); N'gasiya ou la Grande Comore (M. Humblot); Madagascar (Boivin, Musée de Paris). Cette race est répandue dans toute l’Afrique.

3e RACE: camponotus RADAMAE, n. st.

(Pl. I, fig. 4 et 4a. )

☿ Major. Longueur 7 à 7, 5 mill. Stature svelte, analogue à celle du C. maculatus. Tête très grande. L’aspect général est celui d’un C. maculatus pygmée et luisant. Tête large de 2, 4 et longue (sans les mandibules) de 2, 75 mill. Longueur d’un scape 2 mill., d’un tibia postérieur 2, 4 mill. Mandibules assez courtes, armées de sept dents, assez fortement courbées à leur tiers antérieur, très finement réticulées et abondamment ponctuées. Tête fortement excavée et élargie derrière, à côtés assez convexes. Epistome subcaréné, à lobe antérieur rectangulaire, non crénelé à son bord antérieur, un peu concave à ses bords latéraux. Arêtes frontales assez divergentes, non rapprochées à leur extrémité postérieure. Aire frontale petite, assez distincte. Yeux situés à peine en arrière du milieu


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des côtés de la tête. Thorax très étroit, sans scutellum distinct. Écaille haute, étroite, assez épaisse; arrondie et étroite au sommet. Tibias grêles, presque cylindriques, pourvus seulement de trois ou quatre faibles piquants à leur extrémité.

Luisant; parfois le devant de la tête subluisant. Devant et dessus de la tête, sauf l’occiput, finement réticulés; le reste finement et très faiblement ridé en travers, çà et là réticulé-ridé. La ponctuation espacée superposée n'est marquée que sur le devant et les côtés de la tête; elle est assez faible. Ailleurs on ne voit que quelques fossettes longitudinales partant de la base des poils dressés.

Pubescence extrêmement fine, extrêmement courte et extrêmement espacée partout, presque nulle (même sur les tibias et les scapes); elle n'est nette et un peu plus longue que sur les côtés de l’abdomen. Pilosité dressée d’un jaune brunâtre, fort éparse, un peu plus abondante sur l’abdomen et le devant de la tête (quelques poils sur les joues), nulle sur les pattes et les scapes.

Tête d’un noir brunâtre avec les angles postérieurs d’un jaune roussâtre. Abdomen d’un brun foncé avec une très large tache presque carrée (en damier, mais avec les angles arrondis), d’un jaune pâle de chaque côté du dos de chaque segment. Sur le premier segment (parfois en partie sur les autres), ces deux taches confluent entièrement ou presque entièrement, de sorte que le premier segment est jaune devant. Entre ces taches, il n'existe que des bandes brunes étroites transversales et une longitudinale médiane, souvent interrompue. Les taches sont si pâles qu’on voit au travers le corps graisseux d’un blanc mat. Le reste du corps est d’un jaune testacé avec les pattes plus pâles, les scapes roussâtres, les mandibules et l’épistome d’un brun plus ou moins rougeâtre.

☿ MINOR. Longueur 5, 5 à 6, 3 mill. Tête un peu moins allongée que chez le C. maculatus i. sp., mais fortement rétrécie à l’occiput; le rétrécissement ne commence que derrière les yeux; son bord postérieur est presque droit et à peine plus large que l’extrémité antérieure du pronotum. Lobe antérieur de l’épistome rectangulaire-arrondi. Mandibules armées de six dents. Tête longue de 1, 7, large de 1, 1 mill. Longueur d’un


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scape 1, 7 à 2 mill., d’un tibia postérieur 2 mill. Écaille épaisse à la base, acuminée au sommet. Yeux situés comme chez la ☿ major.

Sculpture et pilosité comme chez la ☿ major, sauf la tête qui est faiblement ridée et n'a que quelques gros points devant. Les fossettes à la base des poils sont plus courtes.

Entièrement d’un jaune pâle avec les côtés de l’abdomen, les dents des mandibules et le bord antérieur de l’épistome brunis (☿ minima).

Cette race est bien caractérisée par la couleur de l’abdomen des ☿ major, par ses ☿ minor entièrement jaunes (comme chez le C. maculatus), par son éclat et sa petite taille svelte.

Forêt des bords de l’Ivondrona, près de Tamatave (Dr Conrad Keller); forêts du versant Nord-Est du grand massif (M. Humblot).

J'ai décrit la forme la plus petite et la plus accentuée. Mais il s'agit ici d’une race évidemment fort répandue à Madagascar et très variable.

Var. mixtellus. M. André m'a envoyé, il y a longtemps, une variété plus grande et à couleurs plus fondues, qu’il a l’obligeance de me laisser décrire ici, ce dont je le remercie:

Longueur: ☿ major 8 à g mill.; ☿ minor 6 à 7 mill. A part sa taille plus grande, cette variété ne se distingue de la race typique que par sa tête entièrement d’un brun clair roussâtre ou jaunâtre, et par le brun également clair de son abdomen, ce qui rend les taches jaunes moins distinctes.

Madagascar (M. Ern. André); forêt des bords de l’Ivondrona, près de Tamatave (Dr Conrad Keller).

Var. hovoides, n. var. Tandis que le C. hova se rattache plus au C. maculatus i. sp., j'ai sous les yeux des variétés voisines qui se rapprochent plus du C. Radamœ, var. mixtellus, dont elles ont la taille. Elles s'en distinguent par les taches abdominales claires un peu plus diffuses et surtout plus étroites, plus atténuées postérieurement, par leurs tibias (jaunâtres) un peu aplatis, mais pas du tout prismatiques (cylindriques chez le C. mixtellus), par une pilosité un peu plus abondante (joues assez poilues) et surtout par une rangée de poils très fins et très obliques à la face interne de chaque tibia. La couleur est du reste celle du C. mixtellus,


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mais souvent un peu plus rougeâtre. Chez la ☿ minor, la tête est plus large, moins rétrécie derrière que celle du C. hova, la couleur d’un jaune assez rougeâtre, avec l’abdomen comme chez la ☿ major. On peut définir cette variété sous le nom de C. Radamae hovoides ou de C. hova Radamae. C'est un dédale à n'en plus finir, car diverses ♀ que j'ai eues sous les yeux et qui proviennent de diverses parties de l’île présentent encore d’autres variétés de pilosité, de pubescence, de taille et de couleur.

La 9 de cette dernière variété est presque entièrement et diffusément brunâtre avec les pattes plus claires (la tête manque). Le ♂ (longueur 8, 3 mill. ) a la tête, le thorax, les pattes et les antennes rougeâtres, l’abdomen brunâtre, les ailes assez enfumées de brunâtre, à nervures brunes, et les tibias à petits poils obliques de tous côtés.

Tamatave, Imerina (Antananarivo, etc. ), Rév. Père Camboué; Hildebrandt (Musée de Berlin). Les exemplaires d’Hildebrandt sont plus aberrants, plus rougeâtres; ceux du Père Camboué sont plus intermédiaires entre les variétés C. hova et C. mixtellus.

4e RACE: CAMPONOTUS BOIVINI, n. st.

♀ Longueur 13, 5 mill. Elle se distingue par sa pilosité plus abondante que chez les autres races et en particulier par ses tibias et ses scapes abondamment pourvus de poils presque entièrement dressés, exactement comme chez le C. Novœ Hollandiœ d’Australie. Les joues sont poilues. L’épistome a une carène aiguë. La sculpture est semblable à celle des races les plus lisses. Elle est plus lisse que le vrai C. Novœ Hollandiœ et très luisante. Le corps est châtain varié de jaunâtre. Les ailes sont à peine teintées de jaunâtre, à nervures très pâles.

Madagascar (Boivin, Musée de Paris).

☿ (reçue pendant l’impression). Taille, forme et sculpture du C. Radamœ i. sp.; couleur de la variété C. hovoides de cette race. Pilosité comme chez la ♀, mais oblique. Récoltée par M. Sikora, probablement dans l’Imerinä.


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5e RACE: camponotus hova, n. st.

(Pl. I, fig. 5. ) Camponotus hova, Forel, Études myrmécol. (1879), p. 13 et (1886) p. 20, var.

Cette forme, assez caractéristique, tient du C. maculatus i. sp. par sa taille et par divers caractères et du C. Radamœ par plusieurs autres caractères, mais elle est plus robuste et plus poilue que ces deux races.

☿ Major. Taille du C. maculatus i. sp., mais un peu plus robuste. Tête relativement moins grosse que chez les C. Radamœ et C. maculatus. Mandibules plus grandes que chez ce dernier, luisantes, à bord externe fortement courbé vers son tiers antérieur Tête moins rétrécie derrière, plus claire, brunâtre et moins mate que chez le C. maculatus. Lobe de l’épistome rectangulaire. Thorax d’un brun roussâtre, plus foncé dessus, plus jaunâtre de côté et dessous. Abdomen noirâtre avec le bord des segments jaunâtre et souvent deux taches d’un roux jaunâtre sur chacun des deux ou des trois premiers segments; celles du premier segment sont plus ou moins confluentes. Celles des suivants sont bien plus petites que chez le C. Radamœ, plus ou moins atténuées en arrière, mais plus arrondies que chez le C. maculatus i. sp. Pattes et funicules d’un roux jaunâtre; tibias, tarses et scapes d’un brun plus ou moins foncé. Couleurs plus fondues que chez le C. maculatus. Plus luisant que le C. maculatus et moins que le C. Radamœ. Tibias fort prismatiques (plus que chez le C. maculatus i. sp. ), avec une faible rangée de petits piquants et de poils très obliques au bord interne. Pilosité d’un brun roussâtre; beaucoup plus abondante et plus longue que chez le C. maculatus i. sp. et même que chez le C. Radamœ. Des poils sur les joues; mais pas de poils soulevés sur les scapes ni sur le côté externe des tibias. Il n'existe qu’une apparence de scutellum très court. Écaille épaisse, arrondie en haut (comme chez le C. maculatus i. sp. ).

☿ MINOR. Tête comme chez le C. maculatus i. sp., rétrécie progressivement derrière les veux, mais toujours concave à son bord postérieur. Epistome subcaréné à lobe rectangulaire-arrondi. Tibias nettement pris-


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matiques. Couleur de la ☿ major, mais les nuances sont moins tranchées; en somme, elle est plutôt un peu plus claire, mais toujours roussâtre ou d’un rougeâtre brunâtre, jamais d’un jaune pâle comme chez les C. maculatus i. sp. et C. Radamœ.

♀. Longueur 1 4 à 1 5 mill. Plus robuste et plus grande que le C. maculatus i. sp. Stature du C. dichrous ♀. Couleur et caractères de la ☿ major. Six taches roussâtres ou orangées plus ou moins distinctes, parfois très belles, sur l’abdomen. Écaille arrondie ou acuminée au sommet. Mésonotum mélangé de roussâtre et de brunâtre. Ailes inconnues.

Madagascar (M. Grandidier); Morondava, sur la côte Ouest de Madagascar (M. Grevé). Cette race est très voisine du C. cognatus, dont elle diffère par ses taches, sa sculpture plus faible, sa pilosité et le lobe de l’épistome plus court et dont les côtés ne sont pas concaves.

6. camponotus aurosus, Roger.